
30-06-2007 | 08h47 | Dernière mise à jour: 30-06-2007 | 09h22

IAM, Nickelback, Manu Chao, Renaud, Tryo, Johnny Clegg, Billly Talent, Kanye West, Hammerfall, Daran, Isabelle Boulay, Pierre Lapointe, Hinder et Michael Franti & Spearhead, Francis Cabrel et Zachary Richard seront parmi les têtes d’affiche du prochain Festival d’été qui débute le 5 juillet. Voyons voir de plus près les incontournables de cette programmation riche en talents et en exclusivités.
Les plaines d’Abraham, le cœur des festivités
La scène Bell des Plaines d’Abraham accueillera la plupart des grands événements, notamment grâce au chanteur Renaud qui, en compagnie des Cowboys Fringants, démarrera en trombe le Festival, le 5 juillet dans le cadre d’une soirée d’ouverture.
Notons cinq autres grands rendez-vous prometteurs: Manu Chao, enfant chéri de la scène undeground, doublé d’une performance à juste titre «enflammée» de la sensation européenne des arts de la rue, Bängditos Theater (6 juillet); la formation rock Nickelback qui transportera littéralement ses fans au septième ciel le 7e jour du 7e mois de l’année 2007; Le mégaspectacle «Tryo: de bouches à oreilles… et plein les yeux» dont le concept devrait éblouir par une production d’images surdimensionnées qui engloberont la scène tout en ajoutant une touche surréaliste au répertoire du très prisé groupe français (12 juillet); Kanye West, l’une des figures marquantes du hip-hop de ce début de siècle, accompagné d’une section de cordes 100% féminine et précédé de la formation Lifesavas, elle-même classée au rang des «Top Ten Artists To Watch» du magazine Rolling Stone (13 juillet) et l’énergique quatuor torontois, Billy Talent qui avait fait tout un tabac lors de son dernier passage (14 juillet).
Le rock des Trois Accords et de Xavier Caféïne (10 juillet), le son tonitruant des Britanniques The Hedrons et des punks ontariens Alexisonfire et Billy Talent (le 14 juillet), la chanson rafraîchissante de Tricot Machine, de La Rue Kétanou et le reggae de Tryo (le 12 juillet) viennent compléter l’offre musicale des Plaines d’Abraham. Sinon, Hinder, Pépé, Magnolia, Kaïn, Bunka Busta, Nikki Yanovsky, Big Chief Bo Dillis & The Wild Magnolias, Kwe Kwe Ataro de même que la revue musicale Du Rock à l’Opéra (le 9 juillet) qui a fait sensation au Casino de Montréal sont autant d’autres spectacles qui seront présentés sur cette scène avec, en conclusion de Festival, la talentueuse Isabelle Boulay (15 juillet).
Le 8 juillet: un spectacle payant incontournable sur les plaines
Les détenteurs du laissez-passer Hydro- Québec pourront assister le 8 juillet, pour 10 $ (payables le soir même à l’entrée du site), à une rencontre musicale historique entre deux piliers de la chanson francophone: Francis Cabrel et Zachary Richard. Une soirée qui se déroulera, espérons-le, à la belle étoile.
Le Parc de la francophonie: du rock à la musique du monde en passant par l’électronique
L’une des surprises majeures étant la venue du collectif marseillais IAM qui réaffirmera son statut d’empereur du rap français en fin de parcours de l’événement. Ce spectacle sera présenté le 15 juillet au Parc de la francophonie qui devrait être trop petit pour contenir tous les fans de ce groupe mythique qui convergeront vers Québec pour l’occasion. Une exclusivité pour Québec. Les amateurs de rock, et ils sont légion dans la Capitale, devraient aussi pouvoir être rassasiés puisque la scène située au
Parc de la Francophonie en sera le temple. Notons: Mute Math (le 5 juillet), Spock’s Beard (le 6 juillet), l’incontournable Pierre Lapointe (le 7 juillet), le punk de Streetlight Manifesto et The Reel Big Fish (le 8 juillet), The Cinematic Orchestra et Patrick Watson (le 9 juillet), Adrian Belew (le 11 juillet).
Au chapitre de la musique du Monde, mentionnons le grand retour de Johnny Clegg, comptant un fidèle public à Québec, qui devrait nous présenter un spectacle agrémenté de ses célèbres chorégraphies tribales et endiablées et de Rachid Taha, chanteur incontesté du raï, d’Algérie (le 10 juillet).
Uberko, la soirée Électro-Choc Vol.2 qui met en scène Plaster, Ariane Moffat, Betty Bonifassi et Afrodizz (le 13 juillet) ainsi que Ghislain Poirier (le 15 juillet) assureront le volet électronique.
La musique du monde, pas en reste, à la Place d’Youville
L’Australie (The Cat Empire, le 14), la Belgique (La Fanfare du Belgistan, le 7), le Brésil (Forro in the Dark, le 6), le Cap-Vert (Tcheka, le 9), la Chine (A Moving Sound, le 15), la Côte d’Ivoire (Tiken Jah Fakoli, le 15), Cuba (Carlos Varela, le 8), l’Éthiopie (Mahmoud Ahmed, 9), l’Irlande (Solas, Kila, Buille,), le Madagascar (Solorazaf, le 13), le Mali (Mamani Keita, le 9) ou encore le Niger (Femi Kuti & The Positive Force, le 7) sont parmi les pays représentés et qui éliront domicile à Place d’Youville.
Comme il s’agit de Musiques du monde, tous les spectacles promettent de faire vivres aux spectateurs de belles vibrations et une symphonie de couleurs, de midi à 23 heures.
Un volet important en salle
Près de 70 spectacles répartis au Palais Montcalm (jazz et chanson), à l’Impérial de Québec (électronique, hip-hop), au Largo Resto-Club (jazz) et au Pub St-Alexandre (musique celtique) seront offerts aux festivaliers.
Parmis ceux-ci, il ne faudrait pas manquer la performance du bluesman John F. Hammond, le 7 juillet au restaurant Le Largo, de l’italienne Gianmaria Tiesta, le 15 juillet au Palais Montcalm et la soirée électronique Mutek à l’Impérial, le 14 juillet.
Enfin, le Festival d’été est l’occasion idéale de partir à la découverte de musiques dans l’espoir de faire la rencontre d’un groupe, d’un chanteur, d’un musicien hors pair. La programmation complète est disponible sur le site Internet de l’événement www.infofestival.com.
Des exclusivités stratégiques
La récurrence du fait exclusif ne peut demeurer inaperçue… Jean Beauchesne peut aisément en retirer la fierté de négociations rondement menées avec des célébrités mais ce souci d’exclusivité est basé à l’origine sur une stratégie planifiée aux retombées certes évidentes à priori mais dont certaines demeurent insoupçonnées au premier regard.
«L’exclusivité, c’est ce qui fait jusqu’à un certain point que les gens vont se déplacer. Parfois, le fait d’avoir un artiste en exclusivité pour la province de Québec, non seulement cela intéresse les gens qui entourent la ceinture de la Ville de Québec mais peut les amener d’un peu partout de la province sur des distances relativement importantes.»
«Mais c’est aussi parce que maintenant il y a des critères d’attribution pour les prix en tourisme; d’autres critères lorsqu’on fait des demandes dans certains programmes existants de récompenses au mérite, du gouvernement québécois et du gouvernement fédéral.
Et le fait de démontrer qu’on attire des gens fait partie du critère d’excellence pour se faire reconnaître comme étant un festival qui a une notoriété qui draine des retombées économiques favorables dans la région.
Chanson, classique et jazz au Palais Montcalm
Le jazz, la musique classique et la chanson auront la part belle dans le cadre la 40e édition du Festival de Québec, qui se déroulera du 5 au 15 juillet prochain dans les rues et salles de la Capitale. Ajout à la programmation en cette édition anniversaire, le volet Escales Voyages Transat portera à l’affiche bon nombre de personnalités issues de ces univers musicaux jusqu’ici discrètement célébrés.
Outre la soixantaine de spectacles éclectiques qui seront présentés au Largo Resto-Club, au Pub Saint-Alexandre et à l’Impérial de Québec, six grands concerts seront donnés sous cette nouvelle bannière dans l’antre du Palais Montcalm, une série appelée à mettre en valeur l’acoustique exceptionnelle de la salle Raoul-Jobin.
Au programme: musique de chambre, chant classique et musiques anciennes, jazz, chanson et musique du monde. Voici un survol des concerts présentés.
Pieter Wispelwey & Paolo Giacometti
Habitué du Festival de Lanaudière, le violoncelliste hollandais Pieter Wispelwey ouvrira le bal le 5 juillet avec Les Sonates pour violoncelle, une œuvre profonde et tourmentée de l’Allemand Johannes Brahms.
Jeune musicien prolifique, Wispelwey est connu tant pour son intensité que pour son intégrité et sa parfaite maîtrise du style lyrique. Il sera secondé pour l’occasion par le pianiste virtuose Paolo Giacometti.
Bill Frisell Trio
Guitariste et compositeur adulé, collaborateur des John Zorn, Marianne Faithful et autres Elvis Costello, le grand Bill Frisell foulera les planches de chêne rouge le 6 juillet, accompagné à la contrebasse et à la batterie par les non moins renommés Tony Scherr et Joey Baron.
Reconnu pour sa démarche anticonformiste et son aisance à fondre les genres, le musicien met de l’avant des pièces aux ambiances cinématographiques, empruntant au jazz ses notes feutrées, aux musiques américaines — blues, country, rock et pop —, leurs lignes mélodiques et sons métalliques.
Jordi Savall & Hesperion XXI
Maître incontesté de la viole de gambe et grand amoureux des musiques anciennes, le Catalan Jordi Savall interprétera les 7 et 8 juillet, avec l’ensemble Hesperion XXI, les œuvres Le Paradis perdu et Orient Occident.
Voyage épique au cœur de l’âge d’or musical espagnol des XIIe et XIIIe siècles, Le Paradis Perdu porte à l’avant-scène la voix claire et puissante de la soprano et écrivain espagnole Montserrat Figueras.
Instrumental, le spectacle Orient Occident met quant à lui de l’avant un dialogue inusité entre les musiques de la vieille Espagne chrétienne, juive et musulmane, des pièces issues de l’Italie médiévale et d’autres du Maroc, d’Israël, de Perse, d’Afghanistan et de l’Empire Ottoman.
Measha Brueggergosman
Nouvelle protégée de la réputée Deutsche Grammophon, label de musique classique de renommée internationale, la Canadienne Measha Brueggergosman montera sur scène le 13 juillet. À 30 ans, la jeune soprano figure parmi les artistes de chant classique les plus en vue de la planète musicale. Lauréate en 2002 du Prix Bernard-Diamant du Conseil des arts du Canada, elle n’a depuis cessé de cumuler les honneurs et apparitions aux quatre coins de l’Europe et de l’Amérique. Son répertoire rassemble des œuvres des Bolcom, Satie et Montsalvatge de même que des immortels de Mahler, Ravel et Strauss.
Gianmaria Testa et Thomas Hellman
Ayant récemment collaboré avec le maître Frisell, l’auteur-compositeurinterprète italien Gianmaria Testa investira les planches le 15 juillet.
Descendant des Paolo Conte et Compay Segundo, Testa donnera voix, aux côtés des ses quatre musiciens, à Da questa parte del mare, spectacle issu de son plus récent opus, un album conceptuel abordant avec une poésie lucide les «migrations modernes», le sens changeant des mots «terre» et «patrie».
Le chanteur à la voix bleutée sera précédé de l’auteur- compositeurinterprète et lauréat du Coup de cœur de l’Académie Charles Cros 2007, Thomas Hellman.
Signataire des albums Stories from Oscar’s Old Café et L’Appartement, le Montréalais, franco-texan d’origine, s’est distingué par sa plume habile, sa voix brumeuse et son sens aigu de la mélodie.
Johnny Clegg s’amène au Festival d’été de Québec
Après plus de 15 années passées loin des feux de la scène et au lendemain de la parution deOne Life, «recueil des moments d’une vie» produit par l’indomptable Renaud et qui lui permettait en 2006 de renouer avec un public toujours fidèle, le précurseur de la world music et signataire de l’immortelle Asimbonangaoccupe de nouveau à l’avant-scène.
De retour au pays après avoir enflammé les foules venues nombreuses le saluer l’hiver dernier, l’auteur-compositeur-interprète sudafricain montera sur les planches du Festival d’été de Québec le 10 juillet prochain pour présenter l’unique spectacle canadien de sa présente tournée, une série de performances qui, amorcée au mois de mai dernier, le porteront à l’affiche au Luxembourg, au Maroc, en France et en Belgique d’ici septembre 2007.
Aux côtés de ses musiciens et danseurs, le fougueux zoulou blanc y retracera trois décennies d’une improbable et incroyable carrière musicale, offrant au public l’essentiel de son œuvre audacieuse et militante, des refrains politisés du Juluka des premières heures aux croisements inusités de son tardif One Life.
Né en 1953 à Manchester et débarqué à Johannesburg en 1965, Jonathan Clegg a longtemps incarné la lutte contre le régime d’apartheid.
Initié à la guitare dans les rues des quartiers noirs de l’Afrique du Sud, c’est aux côtés du musicien zoulou Sipho Mchunu qu’il fondera Juluka, la première formation multiraciale du continent africain; un groupe dont on bannira les chansons en raison de leur discours engageant, mais aussi de leurs sonorités métissées, jadis interdites, voire sanctionnées.
Grooves déments
Parvenant à gravir les marches du succès en dépit d’un contexte sociopolitique défavorable, Clegg poursuivra sa montée au sommet avec Sevulka, collectif qui atteindra la renommée internationale en donnant naissance à des titres rassembleurs aux grooves déments, rendus sur scène par des danses tribales et guerrières flamboyantes.
Survivant aujourd’hui âgé de 53 ans, l’auteur-compositeur-interprète évolue dans un monde nouveau, dans une Afrique en partie démocratisée et de plus en plus ouverte sur le monde.
Pourtant, bien que changés, les combats de l’homme demeurent. Le musicien ne se donne plus en concert contre le racisme, mais contre le sida; il ne se bat plus contre la segmentation, mais contre la globalisation, la désintégration des tribus, la désuétude des cultures ancestrales…
Il semble que l’infatigable Johnny Clegg n’ait rien perdu de sa verve, ni de son énergie légendaire qui, dit-on, font toujours partie intégrante de ses singulières prestations.
Best of live
Enregistré au Théâtre Nelson Mandela en 18 soirs devant une foule dense et envoûtée de quelque 22 000 personnes, la compilation Best Of Live, parue en Europe en 2003, relate à travers 15 pièces issues de la discographie de Juluka, Sevuka et Clegg – de 1979 à 2003 –, le parcours atypique de ce musicien dévoué qui, épris des cultures sud-africaines, allait mener une lutte acharnée contre la discrimination raciale dans les années 1980 et 1990.
Alignant les titres rythmés et revendicateurs qui ont fait la gloire de l’homme et de ses deux groupes, Bullets For Bafazana, Asimbonanga, Cruel Crazy Beautiful World et autres Scatterlings In Africa, l’album rend bien le génie de ce compositeur d’origine britannique qui, dédaignant interdits et cloisons, allait conquérir le monde en conjuguant l’inconjugable, en fusionnant musiques noires et sonorités blanches, cadences latines, africaines, rock, funk et hip-hop.
Source : Le Journal de Québec