
Invité dans « Nos chansons ont une histoire » sur VivaCité, Tancrède Ramonet évoque le documentaire qu’il a réalisé sur Renaud, à découvrir ce mercredi 6 mai sur RTBF La Une. Il revient notamment sur une période compliquée dans la carrière du chanteur, qui, suite à un incident lors de l’un de ses concerts en URSS, avait sombré dans l’alcoolisme.

Si Renaud a connu de grands moments de gloire, en coulisses, l’artiste a aussi traversé des périodes plus difficiles.
Après un début de carrière couronné de succès, les ennuis commencent en 1985, alors qu’il se trouve en URSS. Renaud est à l’affiche d’un concert gigantesque au parc Gorki, à Moscou, et reprend face à 10.000 spectateurs ses plus grands titres. Mais alors qu’il entonne l’air de Déserteur, une version revisitée de la chanson antimilitariste de Boris Vian, 3000 personnes se lèvent et quittent la salle.
Premières failles
Pour le chanteur, c’est un point de bascule. Bien qu’il s’agisse probablement d’une mise en scène orchestrée par le pouvoir en place, il prend cet incident très à cœur car, selon Tancrède Ramonet, « ça réveille une peur qu’il a depuis toujours ».
C’est que malgré le soutien du public, Renaud peine à reconnaître son propre talent. « Il se vit comme un imposteur. Il a l’impression que le public va se retourner contre lui, se rendre compte de la supercherie », détaille le réalisateur. Dès lors, ce concert marque un tournant pour le chanteur, qui soudain voit l’une de ses pires craintes se réaliser. « Il est pris dans une espèce de raptus anxieux, de crise d’angoisse paranoïaque qui sera la première de sa vie », souligne Tancrède Ramonet. Pour lui, ce moment agit donc comme un catalyseur, car il « révèle un mal qui va contribuer à le fragiliser et provoquer sa chute dans l’alcool ». « L’alcool vient d’un problème de santé mentale, et non pas d’une addiction pure et simple à une substance », insiste-t-il.
Et de fait : dans les années qui suivent, Renaud traverse une sévère dépression. Fin des années 90, il entame même une pause dans sa carrière, faute d’inspiration et d’énergie.
« Manhattan Kaboul » : le retour du phénix
Après une cure, Renaud renaît néanmoins de ses cendres et sort un nouvel album, Boucan d’enfer, en 2002. Porté par le tube Manhattan Kaboul, en duo avec Axelle Red, cet opus marque le grand retour de Renaud et est accueilli avec enthousiasme par ses fans. Et pour cause, puisqu’à travers ce morceau, Renaud exprime un sentiment partagé par bon nombre de personnes, après les attentats du 11 septembre. « Il est au diapason avec le public et avec le monde », estime Tancrède Ramonet.
Cette chanson va exprimer sa révolte contre les attentats du World Trace Center, mais aussi contre l’agression contre l’Afghanistan, et plus tard contre l’Irak.
Source : RTBF Actus