À Vendôme, Renaud aux cordes sensibles pour un public conquis

La Nouvelle République

Par RÉDACTION

Publié le mis à jour le 

Salle comble et public comblé pour l’une des dernières dates de la tournée « Dans mes cordes » de Renaud, vendredi soir 22 novembre 2024 au Minotaure.

Renaud divise son public sans pour autant le perdre. D’un côté, ceux qui préfèrent rester chez eux, tentant de conserver intacts le timbre et la gouaille de leur chanteur engagé préféré des années 70 à 90. De l’autre, les inconditionnels qui le suivent de spectacle en spectacle dans une quête exaltante de ce qui reste de leur légende. Ceux-là étaient réunis vendredi soir au Minotaure pour le saluer, l’écouter et le soutenir.

Un slam qui force l’écoute

« Dans mes cordes », le titre de la tournée renvoie d’abord aux neuf femmes qui l’entourent. Sept talentueuses musiciennes se partagent les cordes entre violons, guitare et violoncelle. Puis, un pianiste qui dirige l’ensemble et un accordéoniste. Ils l’accompagnent à la fois physiquement et musicalement.

Le rideau s’ouvre. Renaud avance de quelques petits pas qui signent d’entrée, l’âge et les cicatrices d’une vie qu’il a fallu dompter. Quelques premières chansons, moins connues de son répertoire. L’absence de mélodie tenue fait désormais place à une forme de slam qui force l’écoute et le respect du compositeur, du poète.

Très vite, il partage sincèrement sous les applaudissements et des « Renaud, on t’aime », ses victoires emblématiques sur l’alcool et son sevrage plus récent du tabac. Puis arrive En cloque, car il faut bien renaître, et les voix éclairées du public se mêlent à celle du chanteur, tantôt en la renforçant, tantôt en la complétant. Renaud aime alors à diriger le micro vers la salle, comme il ouvrirait son chœur, pour communier pleinement pendant une heure trente, dans les sillons de ses plus grands succès.

Renaud dirige le micro vers la salle comme il ouvrirait son chœur.
© Photo cor. NR, Étienne Hervieux

Authentique et émouvant

Après un long rappel, les fidèles aux cheveux en majorité bien grisonnants sortent conquis. Ainsi Frédéric le suit depuis l’inauguration du Zénith en 1984 : « C’est le chanteur du siècle et c’est mon frangin, moi qui suis fils unique. Dans l’état où il est aujourd’hui il me touche par sa sincérité. » Pour Aurore, 16 ans : « C’était très chaleureux et émouvant. Les petites salles lui vont bien… J’admire particulièrement la constance de ses engagements. » Quant à Patricia, elle ressort bouleversée : « Il est courageux d’être encore là. Il y a beaucoup de critiques… Je ne viens pas pour sa voix, mais pour ce qu’il est et ce qu’il fait. »

« Tant que le vent soufflera, je repartiras. » Tant que ce reste de souffle le lui permettra, Renaud le confirme. Il continuera d’user ses santiags sur la scène… Cette saine scène qui le tient en vie pour le plus grand plaisir de ceux qui l’aiment.

  

Source : La Nouvelle République