À Vendôme, Renaud reste dans ses cordes

La Nouvelle République

Par Edith VAN CUTSEM

Publié le mis à jour le 

Renaud sera sur la scène du Minotaure le 22 novembre 2024. Juste un an après Blois, avec la tournée « Dans mes cordes ».

Renaud
© (Photo Christian Penin)

La voix est hésitante. « Bonjour, c’est Renaud le chanteur. » À l’heure pile pour l’interview téléphonique convenue avec Cerise qu’il a épousée au printemps dernier, Renaud est en ligne.

L’artiste qui a marqué des générations par sa gouaille et ses textes mordants, est là au bout du fil, prêt à répondre pour la énième fois à ces journalistes qui s’étonnent toujours de la longueur de sa tournée « Dans mes cordes » commencée début 2023 et qui se terminera fin 2024. Il sera vendredi 22 novembre sur la scène du Minotaure.

« La tournée est longue mais c’est l’inactivité qui me tue »

La voix est cassée, parfois difficilement audible mais l’homme livre son combat à chacun de ses concerts. Le septuagénaire explique. « La voix bien sûr qu’elle change avec l’âge mais je ne fume plus, j’ai pris des cours pour rester sur scène. C’est elle qui me tient et plus que jamais, c’est ma passion. La tournée à laquelle on a ajouté des dates est longue mais elle est loin de me fatiguer. C’est l’inactivité qui me tue. »

Surprise par le timbre parfois chancelant de la voix et par la brièveté des réponses, je tente d’élargir le champ des questions avec en tête plusieurs de ses refrains qui ne me quittent pas.

Et d’abord pourquoi venir sur scène, accompagné d’un ensemble de cordes composé de huit musiciennes, d’un pianiste et d’un accordéoniste. « C’est une façon de donner un nouvel écrin aux standards attendus par le public, tout en m’aidant dans la mélodie. Et c’est un grand bonheur de voir les réactions du public quand il reprend les refrains ou quand il réagit aux jeux de mots et aux anecdotes que j’aime placer entre les morceaux. »

Si la tournée baptisée avec humour « Dans mes cordes » reprend nombre de standards de l’artiste, Renaud confie avoir dû choisir parmi ses très nombreux tubes « les chansons que le public attend avec aussi un pincement au cœur pour mes mélodies préférées. Le titre En cloque fait partie de celles-là. À la fois parce qu’elle est bien construite et qu’elle me replonge dans un moment heureux où ma femme attendait la naissance de notre fille. »

« L’actualité est trop désespérante »

Interrogé sur l’actualité, Renaud confie s’y intéresser de loin. « Trop désespérante » avoue-t-il, évoquant les conflits armés ou encore l’emprisonnement au Groenland de Paul Watson, défenseur des baleines.

Il pense pourtant qu’une chanson peut parfois trouver un poids politique. « Un morceau et sa popularité peuvent faire évoluer les mentalités. Actuellement, je travaille pour un disque qui sortira début 2026 avec des nouveaux textes sur des musiques de différents compositeurs amis jeunes et moins jeunes. »

Chanteur engagé, Renaud qui a signé nombre de pétitions au fil de ses cinquante années de carrière, croit toujours à cette forme de militantisme. Et de rappeler son engagement par la signature des pétitions ou de textes publics comme « pour soutenir Gisèle Pélicot dans son combat contre les violeurs dont je souhaite la condamnation ».

Difficile pour autant de le brancher sur le mouvement MeToo que Renaud dit, « ne pas avoir bien suivi mais il est normal que la parole des femmes se libère et c’est en ça que je me sens concerné ».

Pourtant, il se déclare « étonné par l’affaire Depardieu, déjà présenté comme coupable avant d’être jugé. Quand j’ai tourné Germinal avec lui, grand monstre du cinéma, je n’ai jamais vu des gestes inappropriés ».

L’interview à peine terminée, Renaud remerciait par mail de l’avoir écouté.

Après Renaud vendredi 22 novembre à 20 h 30, au Minotaure, Loir Événements a programmé D’Jal vendredi 6 décembre à 20 h 30, Enrico Macias dimanche 8 décembre à 16 h, Patrick Sébastien dimanche 16 février à 17 h, Roland Magdane dimanche 16 mars à 16 h.  Réservations au 02.54.89.44.00. Informations sur le site de Loir Évènements.