Aubert, Cabrel, Axelle Red, des reprises magiques… Un concert historique pour les 50 ans de carrière de Renaud au Zénith

Le Parisien

Culture & loisirs, Musique

Le chanteur de 74 ans a célébré ses 50 ans de carrière jeudi soir au Zénith avec des invités prestigieux et deux heures et demie de spectacle.

Le 15 mai 2026 à 06h00

Renaud et Francis Cabrel ont repris ensemble « La pêche à la ligne » en début de concert (Christian Pénin)

Cinquante ans de carrière ça se fête. Et quand il s’agit de Renaud, tous les invités répondent présents. À part pour les Enfoirés réunis chaque année, on ne peut guère faire mieux que ce casting de rêve réuni pour trois soirs au Zénith de Paris.

Les historiques, les anciens, les plus jeunes, ils sont tous là dès ce premier show jeudi soir. Parce qu’ils ont tous quelque chose de Renaud. Parce que l’on a tous quelque chose de Renaud : enfants, parents, grands-parents, qui portent souvent le même signe de ralliement dans la salle, ce fameux bandana rouge cher à leur idole.

Un Renaud qui apparaît d’abord en image sur grand écran dans une archive du journal télévisé du 12 janvier 1984, date de l’ouverture du Zénith de Paris qu’il a inauguré avec François Mitterrand. Il porte alors un blouson siglé « Lolita », le prénom de sa fille. C’est presque le même qui est éclairé sur scène juste avant la star du soir. Pour son jubilé, Renaud est accueilli par une énorme ovation d’une salle debout plusieurs minutes, ivre de joie de le retrouver.

Il balance quelques mots de la première chanson avant de laisser Olivia Ruiz, Gauvain Sers et Noé Preszow s’emparer de « Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ? », premier classique illustré par des vidéos spectaculaires mais plombé par des problèmes techniques et des micros qui grésillent. Installé sur un tabouret de bar d’un bistrot posé sur la gauche, Renaud conclut les derniers mots du morceau.

Des problèmes techniques

« Vous êtes revenus alors. Toujours fidèles. Vous n’en avez pas marre de voir ma tronche », balance-t-il au public avant d’accueillir Francis Cabrel pour cette fois un vrai duo sur « La pêche à la ligne ». Mais là encore, il y a de la friture côté son, au point de gâcher le plaisir au public. Ça siffle, ça râle. « On va arrêter le concert » annonce un technicien au micro. « On va la refaire » ajoute Renaud qui reprend donc avec son ami Francis. Ce n’est pas parfait mais cette fois, le concert démarre vraiment et les invités s’enchaînent : Gauvain Sers revient pour « Deuxième génération », Pascal Obispo règle son compte à « Miss Maggie » dans une ambiance très rock, porté par un groupe de huit musiciens solides.

Le show alterne entre têtes connues comme les Souchon père et fils, parfaits sur « Ma gonzesse », Élodie Frégé tout en délicatesse le temps de « Il pleut » et artistes moins familiers du public tels le jeune rappeur Youssef Swatt’s et Leila Huissoud pour « Société tu m’auras pas ». « C’est qui lui », s’interroge une spectatrice alors que Benoît Dorémus retourne la salle avec « Marche à l’ombre » dans un décor de rue parisienne et d’une devanture « Mon bistrot préféré ».

Mais c’est un vrai zinc autour duquel se rassemblent les artistes après leurs prestations pour écouter les suivants. On y aperçoit aussi Lolita la fille de Renaud et Pierrot son ange gardien, qui ont tous deux imaginé la mise en scène de ce spectacle et ce casting prestigieux. Tous les artistes sont là pour célébrer le répertoire de Renaud qui parfois se lance seul comme pour « Son bleu » et se révèle un peu plus en voix que lors de sa dernière tournée des théâtres « Dans mes cordes ». Une prestation rare saluée par une salle debout, enchantée de le voir plus en forme et même capable de reprendre « Manhattan-Kaboul » avec Axelle Red comme au bon vieux temps du triomphe de son album « Boucan d’enfer » en 2002. Premier grand moment de la soirée. L’émotion continue avec Pascal Obispo pour un splendide « C’est quand qu’on va où » avant la fête celtique lancée par Olivia Ruiz sur « Marchand de cailloux ».

C’est la bande à Renaud, la famille aussi quand Renan Luce, son ex-gendre, papa de sa petite fille vient reprendre « Le déserteur ». Ça défile tout au long de la soirée : Emily Loizeau, Anne Sila, Cali en grande forme sur « Docteur Renaud, Mister Renard » qu’il fait chanter à toute la salle. « On aimera toujours Renaud », scande-t-il devant toutes les mains en l’air. Et chacun y va de sa chanson souvenir. Gauvain Sers revient pour « Amoureux de Paname » qui va bien à ce Gavroche à casquette. Yussef Swatt’s partage « Pierrot » avec Francis Cabrel dans un duo inattendu. Puis c’est Renaud qui tend le micro au public pour ne pas chanter seul « En cloque »

« Quel bel anniversaire », s’enthousiasme l’intéressé qui perd le fil en voulant introduire la chanson sans laquelle il ne serait pas là. « Interprétée par… je ne sais plus ». C’est encore le prometteur rappeur Yussef Swatt’s qui replonge dans la jeunesse de son aîné sur « Laisse béton ». Emily Loizeau, Noé Preszow et Renan Luce remontent encore davantage le temps avec un électrisant « Hexagone » hurlé par tout le public, rejoints finalement par Renaud en personne. Quelques minutes plus tard Mentissa et Noé Preszow toujours sont soutenus par tout le Zénith à l’heure de « Morgane de toi ». Les tubes n’en finissent pas avec « Dans mon HLM » par Pascal Obispo, Gauvain Sers et Benoît Dorémus et les 6000 personnes présentes dans une formidable version électrisante.

Un magique « Mistral Gagnant »

Mais le grand moment survient avec l’arrivée de Jean-Louis Aubert pour une bouleversante version de « Mistral Gagnant » pendant laquelle Renaud le rejoint sur un banc, presque 5 minutes avec lui… Magique et bouleversant de voir ses deux légendes réunies, bandes originales de nos vies depuis un demi-siècle.

Cela pourrait continuer ainsi pendant des heures à revisiter ce répertoire mythique. Mais il faut bien conclure avec un ultime « Dès que le vent soufflera » et l’ensemble des invités et un dernier rappel imprévu sur « L’Oranger ». Une soirée déjà historique.

  

Source : Le Parisien