Avant Jeremstar, le combat de Renaud contre la corrida

Institut national de l’audiovisuel (INA)

Par Léa Beaudufe-Hamelin – Publié le 09.06.2026

L’influenceur Jeremstar, Jérémy Gisclon de son vrai nom, jugé pour avoir interrompu le déroulement d’une corrida à Nîmes a été relaxé le 9 juin 2026. Avant lui, une autre personnalité s’était publiquement opposée à la tauromachie : Renaud.

Le combat de Renaud contre la corrida – 2026 – 02:44 – vidéo

Parmi les nombreux engagements du chanteur Renaud, il y a son opposition à la corrida, qu’il chante régulièrement. En 1991, il signe Olé, où il se moque des spectatrices dans les arènes. Autre tube en 2006. Renaud sort un nouvel album intitulé Rouge sang. Dans la chanson du même nom, il fustige la corrida et les souffrances animales : « Entre ce sang qui coule / Sur le sable de l’arène / Et fait vibrer la foule / Barbare, inhumaine. »

Lors de sa tournée pour promouvoir ce nouvel album, il invite des associations anti-tauromachie à l’entrée de ses concerts. « Cette violence, cruauté, infligée aux animaux innocents qui préfèreraient vivre leur vie paisiblement dans les prés, dans les champs, à brouter paisiblement, à vivre et à mourir de leur belle mort, ou mourir à l’abattoir éventuellement, mais pas sous les applaudissements de pétasses emperlousées, de snobs, de mondains, de politiques », explique en 2007 le chanteur engagé.

Soutien de la SPA

Son engagement ne se limite pas à la chanson. En 2007, Renaud prête sa voix à un spot de la société protectrice des animaux (SPA) contre la corrida, mais celui-ci est censuré par le Bureau de vérification de la publicité (BVP), jugé trop violent. De quoi se faire interroger l’artiste : « On se demande s’ils sont vraiment indépendants, s’ils ne sont pas sujets à des pressions des lobbys tauromachiques, de l’industrie de la corrida. »

Réponse de Joseph Besnainou, directeur du Bureau de vérification de la publicité : « La publicité, par définition, telle qu’elle est encadrée par la déontologie professionnelle que représente le BVP, ne doit pas dénigrer un secteur, quel qu’il soit, surtout quand c’est un secteur qui est autorisé, controversé certes, je vous le concède, mais qui est autorisé. »

Aux côtés de l’association de défense animale, Renaud réclame cette année-là l’interdiction des corridas aux mineurs de moins de 16 ans, dans un courrier au président de la République, Nicolas Sarkozy. Demande qui n’aboutira pas.

« Corrida, non merci ! »

Renaud soutient d’autres associations comme l’Alliance Anticorrida. Il se fait même tatouer le slogan de cette dernière sur la main. Tatouage qu’il dévoile en 2017 lors d’un concert aux arènes de Nîmes, ville taurine. La scène est rapportée par Midi Libre, le 6 juillet 2017 : « « Je sais, je vais me faire des copains… », grommelle-t-il dans le micro. Le chanteur énervant s’avance et présente fièrement au public nîmois son « nouveau tatouage » : une tête de taureau, sur la main gauche, accompagnée des mots « Corrida, non merci ». (…) Dans les gradins, les réactions sont mitigées. Certains l’acclament. D’autres le sifflent copieusement. »

En 2024, Renaud reçoit une médaille de la ville de Bourges pour l’ensemble de sa carrière, ainsi que pour son engagement contre la corrida. En France, la corrida reste légale en 2026 uniquement dans des départements du sud où elle constitue une « tradition locale ininterrompue ».

  

Source : Institut national de l’audiovisuel (INA)