C’est beau la vie aux Francos

DH Les Sports+

MédiasMusique

Dé. L.

Publié le 23-07-2007 à 06h55

©PIRARD

Problèmes de retour son pour Voulzy, de voix pour Renaud mais ambiance malgré tout

SPA Les têtes d’affiche se bousculent aux Francos. Tant que, parfois, elles se partagent la scène. Ainsi, samedi soir, Laurent Voulzy précédait Renaud sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Juste avant eux, c’est Zoé qui devait chauffer le public déjà présent en masse. Cette blonde au physique de Barbie est comédienne à la base. Et ça se voit. De ses chansons, elle joue, mime chaque mot. C’est parfois un peu lassant et plus de naturel, par moments, serait souhaité. Qu’importe, on salue cependant son bel effort vocal puisque la jeune femme était, paraît-il, un peu malade… Tout comme d’ailleurs Élodie Frégé, la veille, qui a dû annuler toutes les interviews prévues, forcée de garder le silence dans la journée afin de mener à bien sa prestation.

Mais revenons-en à nos moutons. Voulzy monta sur scène sur le coup de 20 h 30. On s’attendait à une toute belle ambiance et on a été servi. Son dernier album, La septième vague, contient en effet ce qu’il faut de reprises de tubes pour mettre le feu. Reste que, sur scène, ce n’était parfois pas tout à fait ça. Un problème de retour son a quelque peu malmené l’artiste qui cachait mal sa perplexité derrière son large sourire. Il a passé la moitié de son fameux Rockcollection de clôture et à rallonge à chipoter à son oreillette. Il était un peu en décalage par rapport à la musique mais le public ne lui en a pas tenu rigueur : vu qu’il chantait à tue-tête, de toute façon, il couvrait le problème. Voulzy s’est effacé sur l’émouvant et indispensable Belle-Île en mer et a laissé place aux techniciens, chargés de modifier la scène pour accueillir le spectacle de Renaud.

Il a fallu s’armer de patience. L’interprète de Mistral Gagnant a mis le pied sur scène avec une bonne demi-heure de retard. La rumeur voulait qu’il soit tombé dans l’escalier de l’hôtel alors qu’il s’apprêtait à fendre la foule pour rejoindre la place de l’Hôtel-de-Ville. Mais c’est bien sur ses deux jambes et avec une « patate d’enfer » qu’il est monté sur scène. Reste que s’il était en forme, ce n’était à nouveau pas le cas de sa voix. Lucide, Renaud admet qu’elle est « pourrie » par des années d’alcool et de cigarettes. Difficile après avoir assisté à l’un de ses concerts d’encore lui attribuer le nom de chanteur. C’était malgré tout moins mauvais qu’à Forest National il y a peu. On peut donc presque s’estimer content. Il a en tout cas tiré les enseignements de ce dernier passage bruxellois puisqu’il a raccourci ses trois heures de spectacle initiales et qu’il a préféré s’éclipser sur le joyeux Dès que le vent soufflera plutôt que sur le déprimant et nettement moins connu Rouge Sang, qui avait, à Bruxelles, un peu plombé l’ambiance. Un petit regret cependant : le public spadois n’a pas eu droit à son joli décor fait de petites maisonnettes. Bref, les fans, qui savent évidemment à quoi s’attendre niveau vocal avec leur idole, ont malgré tout pris leur pied !

Fabien Cahen, lui, a aussi clairement pris le sien hier après-midi dans le Village Francofou. Ex de Zazie, habitué à œuvrer dans l’ombre des plus grands, il tient enfin le devant de la scène depuis la sortie de son premier album solo (il faisait, avant, partie du groupe Cox). Le public était, comme chaque jour, nombreux devant la scène Proximus. Le début du concert fut un peu difficile pour le joli garçon mais, crescendo, il s’est mis tout le monde dans la poche avec sa bonne humeur, son énergie et la chanson C’est beau la vie. Une phrase qui résume bien ces cinq jours de festival…

Juste après lui, Été 67 mettait du soleil dans le Village. Pendant ce temps, dans le hall du Radisson, déambulaient Émilie Simon, prévue dans la soirée, et les deux garçons de Joshua qui devaient clôturer le festival dans le Village avec le talent qu’on leur connaît. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il ne manquait plus que Bruel à l’appel.

© La Dernière Heure 2007

  

Source : DH Les Sports+