C’est le Nord qui prend l’homme

La Voix du Nord

19 juillet 1996

Renaud est revenu hier soir, pour un concert unique… et quelques confidences.

Cheveux coupés, roux et en bataille, treillis kaki et lunettes de Soleil, Renaud est arrivé, en milieu d’après-midi, hier, pour monter presque aussi sec sur la scène. Répétition sérieuse obligatoire avant le concert du soir, car lui et ses six musiciens n’ont pas répété depuis un mois.

Ce qui lui fait dire qu’ « il faudra être indulgent avec nous, ce soir ». Réponse demain lorsque nous reviendrons sur le concert, et la façon dont il s’est déroulé.

C’est à l’appel de la Caravane des quartiers qu’il est venu à Valenciennes. Copain d’un des organisateurs (un membre de la Mano Negra), il aime bien ce qu’ils font au cours de leurs étapes. C’est pour ça que, même si ça n’est que la première fois qu’il travaille avec eux, il les a aidés à financer le tout. De plus, il reversera les bénéfices de ses trois prochains concerts (à Berck, Spa et Carcassonne) à la Caravane. Quand il aime, il ne compte pas.

Générosité

Généreux, Renaud l’est aussi avec les Valenciennois. Surtout ceux qu’il a connus lors du tournage de « Germinal », il y a bientôt quatre ans :« J’espère bien retrouver de vieux potes, qui ont été figurants dans le film. Je ne les connais pas tous, mais je suis bien copain avec une cinquantaine d’entre eux ».

Quand on lui demande ce que ça lui fait de revenir dans la cité des Dentellières, il répond juste : « Ça me rend nostalgique ». Il faut dire que lors de son long passage dans le Valenciennois, Renaud n’a pas fait qu’un film.

Membre de l’association, Germinal, créée par Claude Berri, parrain du comité de soutien du terril des Orchidées, Renaud a laissé des traces dans le coin. Peut-être parce que la région correspond plus à ses chansons que le reste de l’hexagone. « C’est sûr que je préfère donner un concert ici que sur la Côte d’Azur, même, si je n’apporte que de la musique », explique-t-il.

Malheureusement, même si les idées étaient bonnes au départ, la suite ne correspond pas toujours à ce qu’il aurait aimé. Exemple : le projet de l’association (qui pourrait se concrétiser sous une autre forme) de créer une brasserie artisanale pour vendre de la bière « Germinal », histoire de donner un (petit) coup de pouce à l’emploi.

Miss Maggy

Mais les « Miss Maggy » que Renaud dénonce dans sa chanson du même nom n’en auraient pas voulu ainsi : « Une fois de plus, l’administration, la politique, ou peut-être même quelques magouilles ont coulé un beau projet ».

N’empêche, Renaud était là hier, sur le parking du stade Nungesser. Un endroit « mythique » pour ce supporter de l’OM, « au moment où le club en a vraiment besoin, pas quand tout marchait bien pour lui, quand on pouvait voir toutes les stars du show-biz et de la politique dans les gradins ». Une pierre de plus dans les jardins des politiciens…

Malgré toutes ces déceptions, Renaud garde espoir. Pas question de laisser béton. À croire qu’il attend son tour, toujours en train de chanter (un nouvel album est en préparation), de faire des films. Pour être prêt dès que le vent soufflera…

Vincent TRIPIANA

  

Source : Le HLM des Fans de Renaud