« Cette peur qui monte en lui de la paranoïa » : Lolita Séchan se confie sur la « maladie mentale » de son père Renaud et évoque l’élément déclencheur de sa première crise

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Par F.Gh. (D.R.)
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La jeune femme est aussi revenue sur les raisons qui l’ont poussée à se joindre à la création du documentaire dévoilé à l’occasion des 50 ans de carrière du chanteur.

France Télévisions

Le mercredi 6 mai dernier, la Une diffusait en primeur le documentaire « Renaud, À cœur perdu », alors que les téléspectateurs de France 2 ont pu découvrir le film ce mardi 12 mai. Signé par Tancrède Ramonet, ce portrait intime du chanteur a été élaboré avec l’aide de sa fille Lolita Séchan, qui a participé à son écriture, mais surtout, apporté des archives et documents personnels de son père.

De passage sur le plateau de « C à vous » en amont de la diffusion du documentaire, ce mardi, la jeune femme a notamment été interrogée sur la maladie mentale de Renaud, qui a parfois été confondue avec les effets de son alcoolisme. « C’est d’abord un mal qui a surgi lors d’un voyage à Moscou en 1985 quand le public quitte le concert quand il chante Le déserteur. C’est sa première crise de paranoïa. » a rappelé l’animatrice Aurélie Casse. « Ça a été un élément déclencheur, il y a quelque chose qui s’est cristallisé là. » a confirmé cette dernière, avant de donner la parole au réalisateur. « Il s’est mis à surinterpréter ce qu’il voyait. Il a pensé que c’était un coup monté qui était fait et a relié ça peut-être à un passé familial qui était complexe. Il s’est mis en tête que les services secrets russes voulaient l’assassiner. » a continué ce dernier.

Et s’il a mis plusieurs années à s’en remettre, sans totalement se débarrasser de ce trouble, l’artiste a vécu une autre grosse crise de paranoïa 10 ans plus tard, pendant un séjour à Cuba. « Son gars sûr et meilleur ami, Mourad, devait manger des sandwichs avant lui pour vérifier qu’ils n’étaient pas empoisonnés. (…) Sa peur prend tout l’espace mental et physique. » a confié Tancrède Ramonet sur cette période. Et pour la fille du rockeur, c’est la musique qui lui a servi d’échappatoire et lui a permis de se sauver. « Il a la chance d’avoir la création qui est sa béquille pour survivre à cette peur qui monte en lui de la paranoïa. (…) Ce n’est pas par impudeur, dévoiler son linge sale. Je sais que c’est le plus intime pour lui et pour moi c’est très violent de lui demander de me faire confiance. Mais c’est parce que passer par son écriture qui a servi à écrire des poèmes, des chansons d’amour (…) et la retrouver cette écriture en pleine crise de paranoïa, qui est habitée par le mal-être et la peur, c’était très important pour moi. » a-t-elle conclu.

  

Source : Ciné-Télé-Revue