Chronique disque et biographie : « A la belle de Mai » de Renaud

Discochronics

Publié le 21 janvier 2010

Onzième album de notre Poulbot Renaud, « A la belle de Mai » sort en 1994. Les critiques et les fans se mettent d’accord pour dire que ce disque est le début de la fin pour le chanteur qui traverse une crise personnelle qui se ressent bien entendu sur son travail.

Un petit parfum de polémique entoura la sortie du disque à cause (grâce…) au titre « La médaille » dernière plage du disque.

L’ASAF (association de soutien à l’armée française (mouarf !!…)) porta plainte contre France Inter pour en avoir assuré la diffusion, arguant du fait que les paroles de la chanson pouvait porter atteinte à l’honneur des anciens combattants.

Ils furent déboutés par la justice qui considéra que, si plainte il devait y avoir, celle-ci devait être émise directement par le Ministère de la Défense, ce qui n’arriva pas.

Pour la musique c’est presque du calme plat qui nous attend, et Renaud semble épuisé dans ses performances vocales déjà limitées.

Track-List

1] La ballade de Willy Brouillard 5’10
2] À la Belle de Mai 4’39
3] C’est quand qu’on va où ? 3’46
4] Le sirop de la rue 4’14
5] Devant les lavabos 3’20
6] Cheveu blanc 3’49
7] Le petit chat est mort 4’46
8] Adios Zapata ! 4’48
9] Son bleu 4’01
10] Mon amoureux 3’46
11] Lolito Lolita 3’25
12] La médaille 2’26

« La ballade de Willy Brouillard » raconte le quotidien d’un flic de banlieue sur une bande-son légère et langoureuse. Renaud scie la branche sur laquelle il est assis en disant en fin de morceau « Est-ce qu’on peut mettre de la musique sur la vie d’un flic ? ». Un peu déroutant, et la chaude mélancolie pourtant agréable de cette première chanson se trouve un peu gâchée par cette dernière phrase. « À la Belle de Mai » à la musique sortie d’un épisode de Zorro, lourde démonstration de folklore mexicain, prétend faire le tour de la ville de Marseille en évoquant (en prenant en plus l’accent marseillais, ridicule…) les histoires politiques et les histoires de foot avec Bernard Tapie en première ligne. Poussif et long.

On retrouve plus de notre Renaud sur « C’est quand qu’on va où ? » au texte qui mélange l’enfance et ce qu’on devrait vraiment apprendre à l’école. Le piano reprend ses droits et Renaud reste caché derrière le chant. Du vrai Renaud.

Souvenir d’enfance passée dans la rue sur « Le sirop de la rue » puis, contemplation des filles qui discutent « Devant les lavabos ».

Du bon Renaud sur « Cheveu blanc », où l’art de vieillir en colère puis à nouveau l’ambiance d’antan sur « Le petit chat est mort ». Sur ce deuxième tiers de disque, le style Renaud réapparait, même si il n’évite pas certaines redites, et qu’on a souvent l’impression d’avoir entendu des bribes de textes dans d’autres paroles de chansons. Samba sur « Adios Zapata ! » où la voix est en recul, puis « Son bleu », le chômage à 50 ans, quand d’esclave on ne devient plus rien. Lolita parle à son père dans « Mon amoureux » mais celui-ci se rassure en constatant qu’elle a choisi un petit copain à son image.

Surnagé par des polyphonies corses « Lolito Lolita », puis la chanson par laquelle le scandale arriva: « La médaille » où tour à tour, pigeon, enfant, poivrot et Renaud, déposent une offrande ironique devant la statue du Maréchal.
Un album qui n’évite pas certains écueils et où l’on sent une baisse de forme générale. Il y a pourtant de bons moments à sauver, bien que ceux-ci donnent l’air d’avoir déjà été entendus.

  

Source : Discochronics