
Publié le 21 janvier 2010
Troisième album de Renaud, « Ma gonzesse » rassemble dix titres qui resteront pour quelques-uns d’entre eux dans la mémoire collective. Paru en 1979, ce disque tranche quelque peu avec les deux livraisons précédentes, délivrant un message plus sombre, pourtant plus tendre et moins engagé. La plupart des titres tomberont dans les oubliettes mais au moins trois resteront gravées: « Ma gonzesse », « C’est mon dernier bal » et « Chanson pour Pierrot » feront les beaux jours des concerts de Renaud quelques années plus tard.
La chanson titre s’adresse bien sûr à Dominique et l’ensemble de l’album lui est dédié. Dans le registre célébrité, on remarquera la présence de Marcel Azzola qui fut, entre autres, l’accompagnateur attitré de Brel.
Track-list:
1] Ma gonzesse
2] Sans dec’
3] La Tire à Dédé
4] Ch’timi rock
5] J’ai la vie qui m’pique les yeux
6] C’est mon dernier bal
7] Le Tango de Massy-Palaiseau
8] Chanson pour Pierrot
9] Salut manouche
10] Peau aime
« Ma gonzesse » qui rime sur de l’antiromantique, une chanson qui a plutôt bien subie le poids des années, ouvre cet opus de plus de 30 ans d’âge. Renaud chante une liaison amoureuse et fait une pirouette ironique sur la fin.
Jeux de mots, jeux de vélos sur « Sans dec’ » qui utilise des situations extrêmes pour pondre un jeu de mot laid en dernière urgence.
Après le romantisme sans violon, l’humour sans tâche. « La Tire à Dédé » évoque des souvenirs de virées entres poteaux, rappelle les bandes dessinées de Margerin, La Bande à Lucien. Volant en faux bois, sièges en vrai skaï et autocollant tendrement ringard. Mais la vieille bagnole finit à l’arrière d’un terrain d’un pavillon de banlieue. Afin de ne pas faire un disque trop « parisien » Renaud revient à ses origines avec « Ch’timi rock » où le texte n’a que peu d’importance. Peut-être un appel du pied au public nordiste.
« J’ai la vie qui m’pique les yeux » revient au romantisme mais pas de la meilleure façon. Quand Renaud oublie de mettre un peu d’humour noir et omet de s’égratigner lui-même dans ses textes, il donne ce genre de chanson. Nostalgie de bazar et morceau qui tourne un peu à vide. Le twist de « C’est mon dernier bal » remet les pendules à l’heure en affichant toutes les couleurs de la palette du gars Renaud: virée entre potes, bières, bastons et flicailles.
Toujours drôle et gouailleur « Le Tango de Massy-Palaiseau » s’éloigne de Paris pour aller visiter la banlieue au son d’un vrai tango où Renaud n’hésite pas à rouler les « R » pour donner un vrai gage d’authenticité à l’affaire. Désir d’enfant et de paternité, le garçon de « Chanson pour Pierrot » sera, comme chacun le sait, une fille mais Renaud affichait déjà son rôle de père en puissance en choisissant des mots simples pour toucher l’auditoire. L’accordéon qui accompagne le chanteur dans ses rêves de papa reste d’une sensibilité rare.
Violon tzigane en ouverture de « Salut manouche » et exaltation de la liberté même si la réalité des choses est beaucoup moins belle puis un exercice peu commun sur un album de chanson française, un texte à rimes enregistré en public (date et lieu inconnu) où Renaud tente de démystifier son personnage à coups de fausses déclarations et de retours en arrière.
Un album très varié qui n’évite pas certaines facilités.
Ainsi « Ch’timi rock » « J’ai la vie qui m’pique les yeux » ou bien « Salut manouche » ne frappent pas forcément à la bonne porte et on sent bien que ces chansons sont là pour remplir le disque.
Reste des classiques imparables, à la poésie amère et au ton sarcastiquement salvateur.
Source : Discochronics