Chronique disque et biographie : « Rouge sang » de Renaud

Discochronics

Publié le 21 janvier 2010

Après un retour en 2002 couronné de succès avec Boucan d’enfer et un public enfin retrouvé, Renaud revenait encore en 2006 avec l’album « Rouge sang ». 17 titres pour la version prolo et une édition spéciale en 2 CD et 24 morceaux pour les plus nantis. Terminé de se plaindre et absout de ses problèmes de jaune, Renaud repasse à l’attaque. Deux sujets prédominent tout de même sur ce disque: les causes pour lesquelles il a toujours prit position et Romane, sans qui il ne serait pas redevenu Renaud.

Redevenu Renaud?

Pas sûr…

Car si la plume refait surface elle n’est plus aussi acerbe qu’autrefois et le chanteur égratigne à peine les institutions qu’il fustigeait il y a 20 ans. Si Boucan d’enfer suintait de chansons sur son amour perdu, « Rouge sang » est une déclaration à Romane au travers de très (trop) nombreux titres.

L’auteur qui prenait fait et cause pour des problèmes aussi graves que la guerre ou le chômage s’insurge aujourd’hui contre les blagues sur les blondes…

Une page se tourne…et les attaques d’aujourd’hui paraissent bien consensuelles.

1] Les Bobos 3’58
2] RS & RS 2’07
3] Arrêter la clope 3’34
4] Rouge Sang 2’55
5] Ma blonde 3’44
6] Les cinq sens 2’29
7] Elle est facho 3’03
8] Nos vieux 4’30
9] J’ai retrouvé mon flingue ! 4’31
10] Jusqu’à la fin du monde 4’23
11] Adieu l’enfance 3’59
12] Elsa 3’48
13] Malone 2’50
14] Pas de dimanches 2’42
15] Sentimentale mon cul ! 4’38
16] Danser à Rome 1’27
17] Je m’appelle Galilée 3’51

Collections de tics et de lieux parfois un peu communs sur le tube « Les bobos » dont Renaud finit par avouer faire partie par certains côtés.

Merde.

Moi aussi.

Première chanson pour Romane « RS & RS », initiales à graver sur un arbre, puis une chanson à la verve sympathique sur la difficulté d’« Arrêter la clope ! ». Deux paquets par jour pour s’ouvrir une autoroute sans péage sur un cancer bien cradingue.

Renaud sort son flingue et le braque sur Mr Philippe et Mr Maurice, avec une belle guitare rock en avant. Sang de guerre ou d’animaux sur un piano presque jazz et petite pause sur « Rouge sang ». Deuxième déclaration à Romane sur « Ma blonde ».

Faut pas embêter les blondes avec des blagues à deux balles, sinon Renaud fait une chanson. Je me rappelle d’une époque où Renaud s’insurgeait contre « La mort des enfants du Sahel »….autres temps autres mœurs.
Ambiance moins légère sur le joli « Les cinq sens » qui se contente de regarder et de toucher les belles choses. Portrait d’une nationaliste moyenne dans « Elle est facho » puis « Nos vieux » qui revient sur les derniers jours de nos ainés.

« J’ai retrouvé mon flingue ! » qui fait écho au « Ou c’est qu’j’ai mis mon flingue » mais dans une révolte bien plus conformiste, « Jusqu’à la fin du monde », troisième déclaration à Romane puis « Adieu l’enfance » sur une belle musique qui, après les aînés, s’occupe des petits-enfants. « Elsa » est une curieuse chanson qui évoque des faits que seuls connait notre chanteur Poulbot qui comme d’habitude (Cf « P’tite conne » sur Mistral gagnant) apporte son soutien aux amis en deuil.

« Malone » pourrait être un « Chanson pour Pierrot » revu au goût du jour puis « Pas de dimanches » s’épanche sur la condition paysanne, pas de dimanches pas de vacances. « Sentimentale mon cul ! » fustige la chanson de Souchon, qui voyait là une humanité en marche là où Renaud ne voit que pensées malsaines et foule anonyme.

« Danser à Rome » anagramme de… Romane Serda est la quatrième déclaration à….

Final avec « Je m’appelle Galilée » où Renaud devient carrément rose, sur un texte chaud et érotique qui fait le tour de l’anatomie de Romane à la manière d’un astronome amoureux.

Amoureux.

Renaud est amoureux et le dit et le répète dans pas moins de cinq chansons sur dix-sept.

A mon avis plus conformiste que Boucan d’enfer, ce « Rouge sang » réunit à la fois quelques bonnes choses et beaucoup d’autres assez dispensables.

Le puriste y trouvera à rechigner, le moins puriste se contentera d’un bon album de variété française.

  

Source : Discochronics