
David Séchan
C’est ainsi que se voyait le chanteur. Promenade sur les lieux de son enfance avec David Séchan, frère et cocommissaire de l’expo consacrée au chanteur à la Philharmonie.
« Moi, j’suis amoureux de Paname/ Du béton et du macadam/ Sous les pavés ouais, c’est la plage/ Mais l’bitume, c’est mon paysage/ Le bitume, c’est mon paysage. » Avril 1975 : sur son premier album, Amoureux de Paname, Renaud déclare sa flamme à sa ville natale, qui le vit faire les quatre cents coups entouré de ses cinq frères et sœurs. Octobre 2020 : alors que la Philharmonie rend hommage à la carrière du plus énervant des chanteurs français, l’envie nous a pris de retourner sur les traces de ses jeunes années, dans les rues de ce 14e arrondissement dont il reste, en dépit de son exil à L’Isle-sur-la-Sorgue dix mois de l’année sur douze, le plus fidèle des « séparatistes ».
Deux garçons nés à 10 minutes d’intervalle
Samedi, 10h30 du matin : David Séchan, son frère jumeau, nous a donné rendez-vous devant l’église d’Alésia, avenue du Général-Leclerc. Comme le taquine sans cesse Renaud : dans quelques jours, à la Philharmonie, ouvrira sa « Putain d’expo ! ». Chaque fois, David lui répond : « Ce n’est pas mon expo, c’est ton expo ! On y parle quand même plus de toi que de moi… » Soixante-huit ans qu’ils se chamaillent, ces deux garçons nés à dix minutes d’intervalle le 11 mai 1952. L’un est devenu un monument de la chanson, l’autre, son meilleur agent, éditeur de ses fictions musicales et, en cette année 2020, cocommissaire d’exposition, avec Johanna Copans, pour une rétrospective de la vie, de l’œuvre, des engagements et des déboires chantés de Renaud Séchan — Renaud tout court pour ses parents et nous.
Source : Télérama