
Le 24 mai 2019 à 08h33
Enregistré avec un orchestre symphonique, le quatrième album du Breton est poignant et surprenant. Un grand disque intemporel.

Renan Luce : La lettre « live » en janvier 2008
Cinq ans après son dernier disque, ce grand pudique se met à nu comme jamais, racontant la douleur mais aussi la reconstruction après une rupture amoureuse. Celle en 2016 avec sa femme, Lolita Séchan — fille de Renaud — avec laquelle il vivait depuis dix ans et a eu en 2011 une fille, Héloïse. « Au début, je me suis un peu débattu avec cette chose qui s’imposait, reconnaît-il. J’ai écrit une chanson sur la rupture, le Vent fou, et je me suis dit : Bon, c’est fait. Mais une deuxième, puis une troisième sont arrivées, et je n’ai pas eu le choix. J’avais pas mal de choses à dire, à me dire, à dire à ma fille et à sa maman. C’était aussi ma manière de clore cette belle histoire, de faire du beau avec du sombre. »
De la finesse et de l’humour
À 39 ans, le Breton réapparaît barbu, le regard frontal, la main sur le cœur. Sa voix a gagné en épaisseur et en maturité. Il a troqué la guitare pour le piano, accompagné par les violons, les cuivres et les bois d’un orchestre symphonique qui apporte à ses textes gravité, profondeur et lyrisme. On est touchés par « On s’habitue à tout », « Du champagne à quinze heures » et « Berlin », lettre adressée à sa fille après un voyage à trois dans la ville allemande. « Mais nous, c’est pas Berlin/Ne vois pas un mur qui se dresse/Dans tes sommeils à deux adresses », chante-t-il.
D’« Au début », qui inaugure le disque en pleine séparation, à « A bientôt, renouveau », qui le clôt sur une note d’espoir, Renan Luce interprète avec une finesse et un humour rares son voyage intime jusqu’à son enfance à la campagne. On pense à Brel, Montand, Bécaud, Aznavour, au « Jardin d’hiver » de Salvador. « C’est ma musique de cœur, confie-t-il. Ce n’est pas dans l’air du temps, mais c’était un album trop important pour faire des concessions. »
Dans une époque qui se passe souvent de textes et d’instruments, ces onze chansons donnent du baume au cœur. C’est aussi ce que pense son ex-beau-père, Renaud, pour qui il a composé trois titres de son prochain album. « Il m’a fait un petit retour très chaleureux et encourageant, sourit-il. On partage la passion de la minutie de l’écriture. J’ai un lien très fort avec lui. Cela m’a énormément touché. »
LA NOTE DE LA RÉDACTION : 5/5

Source : Le Parisien