Francofolies de La Rochelle 2025 : Quelqu’un d’autre que Renaud pour chanter du Renaud ? On vous raconte

Sud Ouest

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La jeune génération des Francos a fait la démonstration, ce jeudi 10 juillet, à La Coursive, que les chansons du père de « Lola » et de « L’Hexagone » conservent leur force et leur légitimité sur scène. En présence de Renaud

La question se pose forcément en avançant vers la grande salle de La Coursive, ce jeudi soir d’ouverture de la 41e édition des Francofolies de La Rochelle. Quelqu’un d’autre que Renaud pour chanter du Renaud, vraiment ? Franchement, non. À moins d’un sosie de l’artiste de 73 ans peut-être, en plus jeune, pour interpréter « Morgane de toi », déclaration d’amour d’un jeune père à sa fillette, ou « L’Hexagone » où l’insolent se permet de traiter de cons 60 millions de Français (de l’époque giscardienne)… Le bandana rouge noué au coup et la tignasse décolorée n’y suffiront pas.

L’artiste Chien noir a été le premier de la jeune génération à entrer sur la scène du grand théâtre de la Coursive, pour une création inédite.
Jean-Christophe Sounalet / SO

Avant de monter sur scène, Renaud avait pris place dans la salle pour assister à la soirée. Il avait été reçu par les applaudissements nourris de ses admirateurs.

Des standards

Mais il y a les mots de Renaud pour raconter les petits bonheurs du quotidien et grands drames du monde, la rage, la souffrance, la tendresse, l’ennui, la solitude, la relégation sociale, la mélancolie de l’enfance perdue… Ils sont intemporels à bien des aspects, peut-être universels. Ce qu’ils disent de la vie, de la condition humaine, continue d’aller droit au cœur et de ravir l’esprit. Les émotions passent les générations, les combats de Renaud pour un monde meilleur demeurent à mener.

Renaud, 73 ans et 50 ans de carrière, a rejoint la jeune génération en fin de concert pour interpréter « La Ballade irlandaise » devant un grand théâtre de La Coursive comble.

Avec leur vécu qui en vaut bien d’autres, Chien Noir, Élia, Marie-Flore, Youssef Swatt’s, Voyou et sa trompette, Emma Peters, Victor Solf et Mentissa ont ainsi interprété des standards attendus d’un public enthousiaste et quelques titres moins connus : « Manu », « Chanson pour Pierrot », « Mistral gagnant », « La Médaille », « Dès que le vent soufflera »… Avec ce qu’ils pouvaient apporter et beaucoup de respect pour un artiste qui, après avoir pris place dans la salle au début du concert, les a rejoints sur scène pour chanter la fameuse « Ballade irlandaise ». Plus d’audace, de déconstruction créative aurait sans doute fait souffler un vent nouveau. Mais l’expérience aura montré, s’il en était besoin, que l’œuvre de Renaud doit continuer à trouver des voix pour être chantée haut et fort.

  

Source : Sud Ouest