Germinal : Le souffle des grandes œuvres

TV8

Septembre 1993

Cette adaptation de Claude Berri a du souffle et ne trahit pas le monde des mineurs.

Quand Etienne Lantier débarque dans ce coin du Nord de la France, il découvre la misère du peuple de la mine, les crapules comme Chaval, les généreux tel Maheu. En cette fin de XIXe siècle, il s’engage dans le combat socialiste. Aujourd’hui le héros n’a guère vieilli.

Ce film est non seulement une belle adaptation du roman de Zola, mais aussi un grand hommage aux travailleurs des corons. Tous les figurants ont été recrutés sur place pour jouer un rôle qu’ils connaissaient au quotidien. Côté acteurs, Claude Berri rêvait depuis longtemps de voir Renaud sur les écrans. Il est crédible dans le rôle d’Etienne Lantier, même si dans quelques scènes où il harangue la foule des mineurs, on a l’impression qu’il va se mettre à chanter. Gérard Depardieu a le ton qu’il faut pour incarner Maheu, l’ouvrier qui ne connaît pas d’autre monde que celui de l’enfer de la mine. Dans la peau de sa femme qui doit se battre pour faire vivre tous ses enfants, Miou-Miou n’a pas la tâche facile. Jean-Roger Milo interprète un Chaval plus vrai que nature, performance qui ne devrait pas échapper aux Césars. Tous les personnages secondaires (Jean Carmet, Laurent Terzieff, Jacques Dacqmine, Jean-Pierre Bisson) sont particulièrement bien choisis.

Et au milieu de cette distribution, Judith Henry éclate, jouant Catherine, la fille des Maheu, partagée entre Chaval, l’amant désigné, et Lantier représentant la liberté.

Révélée dans le téléfilm de René Allio Un médecin des Lumières, couronnées par le César du meilleur espoir pour La discrète en 1990, Judith Henry a beaucoup travaillé au théâtre (elle a notamment joué dans Macbeth à Lausanne avec Mathias Langhoff). Elle estime se reconnaître dans le personnage de Catherine. Judith a vécu le tournage comme une formidable aventure. « C’était tellement énorme, que maintenant tout me paraît petit. Pendant plus de sept mois, j’ai eu l’impression de me laisser emporter sur un fleuve. L’univers était très noir, c’est vrai que les conditions étaient dures, mais Claude Berri est tellement généreux et attentif que c’était passionnant. »

Chloé Sullivan

  

Source : HLM des Fans de Renaud