Journaliste au pôle Culture
Par Thierry Coljon
Télévision
Samedi 19 novembre 1994, page 13
ZOOM AVANT SUR… RENAUD
Il revient… « tatatin » !
Comme Renaud nous aime bien, il nous a offert en avant-première belge l’interview qui fera l’objet d’un grand entretien dans le prochain « MAD ». Comme on vous aime bien, en voici un avant-goût.
Son nouvel album s’appelle « À la Belle de Mai » et il sort le week-end prochain. Paraîtra mercredi, dans le « MAD », la fort jolie interview qu’il nous a très gentiment acordée à la Closerie-des-Lilas, sa brasserie préférée. Comme ça a duré longtemps, il y a de quoi en faire un feuilleton à plusieurs épisodes. Commençons donc dès à présent en levant un petit bout du voile. Ce disque, il l’a enregistré chez lui durant la Coupe du monde, c’est son pote accordéoniste Jean-Louis Roques qui l’a arrangé. Ce même Roques que lui a chouravé Cabrel pour sa tournée:
Cabrel a compris à quel point Jean-Louis pouvait apporter quelque chose à un orchestre. C’est vrai que c’est ce qu’il a fait sur « Germinal » qui m’a définitivement décidé de lui donner l’importance qu’il mérite. Comme il sait que je n’envisage pas de tourner avant le printemps, il va terminer la tournée de Cabrel avant de me retrouver. Le problème, c’est si je dois faire des émissions de télévision en direct avec mes musiciens, je vais avoir du mal à l’avoir. Je lui reproche parfois un peu son manque d’ambition mais il est du sud et donc un peu lézard. Il pourrait faire comme Galliano tellement il est exceptionnel mais ça ne l’intéresse pas…
Ce nouvel album, le dixième enregistré en studio, bénéficie d’une vaste campagne publicitaire:
Je suis gâté, c’est vrai. J’ai la chance que les gens soient demandeurs, ce n’est pas moi qui dois supplier pour faire une émission de télévision, contrairement aux petits jeunes qui démarrent. Je peux me permettre de faire le choix. Et je suis effectivement soutenu par une firme de disque très dynamique. Je n’ai pas l’habitude de tresser des lauriers aux maisons de disque mais comme on a souvent tendance de penser quand ça marche que ce n’est jamais grâce à eux et quand ça marche pas, c’est toujours de leur faute, il est bon remettre les choses au point. Ici, ils sont d’une rare efficacité, ils bossent comme des fous, travaillent le soir et le week-end. C’est pas des fonctionnaires…
Sa première télé, c’est à Pascal Sevran qu’il l’a offerte (à voir lundi sur France 2), ce qui risque d’étonner certains:
C’est pour étonner aussi. Même s’il passe aussi beaucoup de chanteurs ringards. C’est un type qui m’a toujours accueilli avec une grande générosité, qui m’a toujours tressé des lauriers partout dès qu’il en avait l’occasion. Il m’a toujours invité dans ses émissions même si je les trouve parfois un peu kitsch, un peu rétro. C’est un type qui mérite plus que les sarcasmes et les lazzi auxquels il est soumis par les tenants de l’humour officiel. C’est un type qui aime vraiment la chanson et les artistes, qui les présente d’une façon digne et plutôt sympathique. Dans celle que j’ai faite, j’ai pu chanter huit chansons de l’album, c’est quand même rarissime. Ça compense un peu les petits défauts de l’émission.
Ce disque, Renaud l’a fait plus vite que « Le Marchand de cailloux ». En mars de cette année, il n’en était encore nulle part et n’envisageait pas de l’enregistrer avant le printemps 1995, voulant aussi se faire un peu oublier après « Germinal » qui a fait beaucoup parlé de lui. Puis tout à coup, c’est venu, les textes et les musiques se sont enchaîné. Et pour changer, sur une idée de sa femme, Renaud a demandé à Julien Clerc s’il voulait bien lui refiler l’une ou l’autre musique. « Juju » au grand cœur ne s’est pas fait prier et c’est trois chansons composées par ses soins qu’on retrouve sur ce « À la Belle de Mai » qui une fois de plus allie tendresse et coups de gueule. L’ombre de Lolita est toujours là, celle de l’âge qui passe aussi, la nostalgie du temps passé, du « sirop de la rue » et du « petit chat mort ». Les flics ont pour une fois le beau rôle et les maréchaux gardent leur mauvais. La suite, vous la découvrirez en exclusivité mercredi prochain…
« La Chance aux chansons », lundi 21 novembre, 15 h 45, France 2.
Sources : Le Soir et le HLM des Fans de Renaud