
Un décor pharaonique, des classiques repris par toutes les générations, une ambiance frondeuse puis electro. Le stade de France était conquis d’avance pour la venue d’Indochine vendredi soir. Reportage avant leur venue aux Vieilles Charrues.

Photo AFP
« Que vous nous aimiez depuis 10 ans, 30 ans, 20 ans ou depuis hier, merci à vous ! », s’est exclamé Nicola Sirkis au milieu de la tribune est du stade de France, ce vendredi soir. Face à lui, plus de 60.000 disciples, dont les plus zélés campaient devant le Stade depuis une semaine. Indochine est un phénomène qui a su traverser les générations. Et pour ce premier des deux concerts de la tournée « Black city tour 2 », le groupe à la croix noire a livré une partition millimétrée. Tout y était : l’ambiance mise par un public conquis d’avance, le son et un décor pharaonique composé de buildings rétroéclairés et de marionnettes gonflables. Quand une carrière remonte à 1981, le choix des mélodies ne manque pas. La bande de Nicola Sirkis a d’ailleurs fait son rappel en grande pompe avec l’illustre aventurier, Bob Morane. Mais avant ça, le public a eu tout le loisir d’apprécier les autres classiques comme « Trois nuits par semaine », « Les Yeux noirs » ou « J’ai demandé à la lune », sans oublier la participation remarquée de la danseuse de l’opéra Garnier, Alice Renavand. Balayé par les lasers, envoûté par la fumée, amusé par les ballons et confettis, le public reste debout pendant près de la moitié du concert, surtout pour la partie electro introduite par « Canary Bay ».
Clins d’œil à Christine Boutin et Renaud
Le groupe s’est même payé Christine Boutin, copieusement sifflée alors que son portrait apparaissait sur les écrans. « Une fille au masculin, un garçon féminin… et on se prend la main », chante Nicola Sirkis. Entre deux bains de foule, il fait aussi un clin d’œil à Renaud, venu le voir en loge, parmi d’autres people comme Jean-Paul Rouve ou Catherine Jacob. « L’a pas tellement changé la France »… Le groupe n’a donc rien perdu de son côté rebelle, comme en témoignait une ambiance frondeuse. Imaginez un stade entier levant l’auriculaire vers le ciel et chantant : « J’ai le droit de te faire ça ». Une dédicace spécialement destinée au CSA. Le temps de quelques chansons, c’est certain, les fans d’Indochine se sont fait aussi bien entendre que les supporters qui ont pu les précéder dans les tribunes. Après un petit détour à Londres, Indochine se prépare donc à conquérir Carhaix. Impossible de promettre les mêmes décors aux Vieilles Charrues mais l’ambiance frondeuse, intergénérationnelle et électro sera au rendez-vous. Si on peut l’affirmer, c’est parce que ça fait quand même 30 ans que ça dure…
Source : Le Télégramme