
Île-de-France & Oise, Val-d’Oise
L’événement
Le 30 juin 2007 à 00h00

PETITE BOUÉE rouge et blanc distribuée gratuitement pour s’asseoir dans l’herbe mouillée, capes en plastique rouge contre la bruine persistante, paille étendue devant la scène… Hier soir, les organisateurs du Furia Sound Festival avaient déployé les armes contre les caprices de la météo. Et les spectateurs qui ont rejoint la base de loisirs de Cergy-Pontoise ont fait contre mauvaise fortune bon coeur. Au milieu de la fosse, vers 22 heures, le public se lance même dans une mini-bataille de foin alors que Renaud aligne tranquillement les morceaux. Sur scène, il y a cette fêlure qui ne le quitte pas.
« Ça va la musique ? Pas trop forte ? Pas trop faible ? Et la voix ? »
« Dites à M. Sarkozy qu’il y a un métèque qui sommeille en chacun d’entre nous »
Le chanteur contestataire des années 1980 doute et interroge ses supporters. « J’ai arrêté de fumer pour vous. J’ai fait des efforts », lance-t-il avant d’entamer « Arrêter la clope ». Attachant, l’artiste dialogue en permanence avec ses fans, qui le lui rendent bien, lui pardonnant quelques hésitations. Son concert contraste avec l’énergie démultipliée de Joeystarr, première tête d’affiche à monter sur scène. Le rappeur, qui a volontiers rappelé ses attaches en Seine-Saint-Denis, s’était chargé de réveiller les spectateurs. Avec des slogans un brin provocateur, il a fait monter la température au fil de sa prestation. Accompagné par les membres du groupe local Enhancer, apôtre d’une fusion survoltée, l’ancienne moitié de NTM égrène les extraits de son premier album solo. Bondissant et rugissant, le jaguar est impressionnant. Et harangue la foule, tous muscles dehors.
Les pauses sont placées sous le sceau de la revendication : « So-so-solidarité avec les sans-papiers », chante le rappeur, après y avoir été de son couplet citoyen : « Combien y en a-t-il qui ont voté ici ? » demande-t-il. Les festivaliers répondent en levant à l’unanimité les bras.
Pas dupe, Joeystarr les remet à leur place : « Ben oui, ça fait politiquement correct. Dites-leur bien que c’est l’abstention qui a fait le jeu des gens d’en face. » Quelques instants plus tard, il prévient : « Dites à M. Sarkozy qu’il y a un métèque qui sommeille en chacun d’entre nous. » Face à l’artiste, plusieurs générations sont réunies dans la foule et apprécient le cocktail.
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Source : Le Parisien