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Dans les années 1980, Renaud est au sommet de sa popularité. Avec son sixième album, Morgane de toi , le chanteur frôle carrément 1,5 million de ventes, un score faramineux. Il fait surtout évoluer son univers, qui devient plus amoureux et se trouble de la maternité de sa compagne.

Sa compagne, la parenté, il les raconte aussi dans le tendre La pêche à la ligne et le cynique Baby-Sitting Blues sur Mistral gagnant, publié deux ans plus tard, qui dépasse aussi largement le million d’exemplaires. Ce nouveau disque se révèle équilibré dans ses thématiques où Renaud évoque les copains, imaginaires ou pas, dans le très rock’n’roll Si t’es mon pote, dans Tu vas au bal ?, blindé de jeux de mots, ou dans le rentre-dedans et antimilitariste Trois matelots.
Chef-d’œuvre d’impuissance et de douleur
Renaud n’a alors rien perdu de sa verve. Miss Maggie, imparable tube ouvrant l’album, est une chanson féministe prenant violemment à partie l’ultralibérale et têtue (pour ne pas dire plus…) première ministre britannique d’alors, Margaret Thatcher. Morts les enfants aligne les pouvoirs imbéciles et meurtriers, sur un air d’accordéon. Quant à P’tite conne, chef-d’œuvre d’impuissance et de douleur, elle pleure l’actrice Pascale Ogier (morte en 1984) et dégomme les dealers.
Au milieu de toutes ces remarquables chansons, se niche un autre chef-d’œuvre que le chanteur a hésité à publier, trouvant trop personnelle cette perle poétique contant l’amour d’un père pour sa fille : l’indispensable Mistral gagnant…
Ce grand disque se clôture sur Fatigué, qui dit l’écœurement de Renaud sur le monde qui l’entoure, prémonitoire de sa future dépression : « Fatigué de haïr et fatigué d’aimer / Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier… »
La classe 1985 : Cure, The Head on the Door ; Kate Bush, Hounds of Love ; Daniel Balavoine, Sauver l’amour ; Dire Straits, Brothers in Arms…
Source : Ouest-France