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Par Mathilde Aubry
Journaliste
Journaliste culture, loisirs, féminin. Très enthousiaste quand il est question d’Alain Souchon, d’Aya Nakamura ou d’oeufs mayo.
Dans Renaud, à coeur perdu, que France 2 diffuse ce mardi 12 mai 2026 à 21h10, on découvre un homme sensible derrière l’image de l’artiste engagé, dont les relations familiales ont pu être troublées.

« On n’est pas obligé d’aimer tout Renaud, mais on est obligé d’aimer Renaud ». La formule est de son frère jumeau, David Séchan, et raconte bien le personnage. Pour chacun, le chanteur au blouson de cuir et bandana évoque forcément une chanson, un combat, une époque.
Ses 50 ans de carrière sont l’occasion de retracer son parcours dans Renaud, à coeur perdu, un documentaire intime, réalisé avec la participation de sa fille, Lolita, et diffusé ce mardi 12 mai 2026 à 21h10 sur France 2. Parmi les nombreuses archives, on découvre notamment le journal intime d’Olivier Séchan, témoignage terrible de la jalousie du père envers le fils.
Pourquoi Olivier Séchan a été envieux de la carrière de son fils Renaud
Mais que ne sait-on pas déjà sur Renaud ? Pendant plus de deux heures, le documentaire déroule la légende habituelle, celle du gavroche de la porte d’Orléans toujours fourré dans la zone, l’adolescent rebelle marqué par Mai 68, sa période faste faite d’enregistrements d’anthologie, de bonheur familial et d’engagements, puis la déchéance pénible de Mister Renard avant la renaissance…
Mais aussi sa généalogie complexe : issu par sa mère Solange d’un milieu ouvrier du Nord, famille d’enseignants et d’intellectuels du côté de son père, Olivier Séchan. Avec qui les relations ne sont pas toujours simples… Selon les proches de Renaud, c’est un homme intimidant, attaché à une éducation bourgeoise stricte, qui consacre le plus clair de son temps à son activité d’écrivain, de professeur et de traducteur.
Le père de famille se fait un nom dans le petit monde de l’édition avec ses romans policier et remporte même le prestigieux prix des Deux Magots. Mais rien de comparable au raz-de-marée musical que représente Renaud, d’autant plus que l’auteur doit sacrifier ses ambitions littéraires pour se tourner vers des écrits jeunesse, plus rémunérateurs. Au point qu’il en nourrisse une certaine rancune ?
En tout cas, il confie à son journal ses frustrations professionnelles et écrit même : « Le succès de mon fils me tue ». Quand l’intéressé tombe sur les carnets d’Olivier, décédé en 2006, c’est la douche froide. Cela intensifie chez lui « une culpabilité d’avoir réussi, et pas son père », explique son frère David Séchan. Un sentiment qui le hantera longtemps.