Lola Séchan : parcours d’une artiste en quête de liberté loin de l’ombre de Renaud

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Lola Séchan, illustratrice et auteure, trace sa voie loin de l’ombre familiale en vivant un exil personnel et en préservant sa santé mentale.

© Selbymay — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0) —
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Dans la famille des artistes français, Lola Séchan fait figure d’ovni. Fille unique du chanteur Renaud et de l’ex-comédienne Dominique Quilichini, Lola a grandi dans le sillage d’un père adulé mais fragile, naviguant entre les fêlures de sa jeunesse et la quête d’identité. Aujourd’hui, à 46 ans, l’illustratrice et auteure de bandes dessinées a pris le large, au propre comme au figuré, pour tracer sa propre route. Ce besoin d’exil et de séparation, Lola en parle sans détour : il ne s’agit pas simplement de géographie, mais d’un virage existentiel, une façon de dessiner sa propre silhouette loin du projecteur familial, de s’échapper pour enfin se retrouver.

Cette démarche, entamée dès l’âge de 19 ans avec un départ pour le Canada, s’exprime aujourd’hui à travers ses œuvres, ses prises de position publiques… et sa récente décision de faire silence sur les réseaux sociaux. Où en est-elle, quel bilan tire-t-elle de ses années hors de France et comment vit-elle la notoriété héritée de son père ? Focus sur une personnalité attachante, lucide et farouchement indépendante.

Lola Séchan, un exil volontaire pour se construire loin de la France

Mettre les kilomètres entre soi et son histoire familiale : voilà le choix radical de Lola Séchan à 19 ans. Fuyant une atmosphère parisienne perçue comme étouffante, elle pose alors ses valises à Montréal, bien décidée à ne plus être « la fille de » mais simplement : Lola. « À Montréal, je ne suis pas fille de, personne ne connaît mon nom », confiait-elle en 2017. Contrairement aux apparences, cet exil n’a rien d’un caprice mais relève de la survie psychique pour celle qui, durant son enfance, composait avec la fragilité de son père et l’instabilité d’une famille éclatée : « C’est assez compliqué de se construire aux côtés de quelqu’un d’aussi fragile. »

Au Canada, elle s’inscrit d’abord en psychologie avant de bifurquer vers les études littéraires puis de cinéma à l’Université du Québec à Montréal. Un parcours pluriel, caractéristique d’une personnalité en recherche perpétuelle de nouveaux horizons. « J’ai eu besoin d’aller loin pour me trouver moi », récitait-elle déjà en 2016. Son premier roman jeunesse, Les Cendres de maman, paraît chez 400 coups, prémices d’une vocation qui deviendra sa signature. Montréal est un sas d’émancipation : « Hors du territoire parental, on dirait que ça me permet d’être plus moi-même. » Son retour en France, en 2010, s’opère sans bruit, portée par une nouvelle maturité et une bibliothèque de souvenirs hors normes, amassés aussi lors d’autres voyages jusqu’en Asie. De ce périple, elle tire notamment Les Brumes de Sapa, roman graphique qui s’attelle au destin de la minorité Hmong au Viêt-Nam — audace rare dans le paysage de la BD hexagonale.

Sa carrière artistique, désormais saluée, s’est donc bâtie loin de la lumière directe du nom Séchan. Un choix que confirme son indépendance financière et sa volonté de ne jamais monnayer son patronyme : « Je me suis toujours refusée à demander de l’argent à mes parents », oppose-t-elle à ceux qui brandissent l’héritage comme atout. Aujourd’hui, Lola navigue entre la création, la gestion de la carrière de son père dont elle est partiellement la manageuse, et la transmission. Elle est aussi maman d’Héloïse, née en 2011 de son union passée avec le chanteur Renan Luce, preuve supplémentaire de cette quête d’équilibre loin du tumulte initial.

Une pause sur Instagram : Lola Séchan préserve sa santé mentale

Lola Séchan a récemment surpris sa communauté Instagram — elle compte près de 45 000 abonnés — en annonçant début juillet 2026 qu’elle faisait une pause indéterminée de la plateforme. Ce retrait fait écho à l’histoire d’une femme attentive à ses limites, sensible aux turbulences du monde et soucieuse de préserver son équilibre intérieur. Parmi les raisons évoquées, la surcharge émotionnelle face à l’actualité violente : « Violences faites aux enfants. Violences faites aux femmes. Jeunes hommes massacrés par l’homophobie ou le racisme. Violences écologiques et sociales », détaille-t-elle. « JPP (j’en peux plus) », ajoute-t-elle, honnête et directe, assumant le besoin de « sauvegarder un peu [sa] santé mentale ».

Cet éloignement temporaire s’inscrit dans la continuité de son rapport complexe à l’exposition publique. Si son choix de vie et de carrière puise sa source dans l’intime, il se prolonge par une distance stratégique avec le « bruit » des réseaux sociaux. Lola Séchan préfère aujourd’hui « faire un tour du côté des livres et des oiseaux », renouant, une fois encore, avec cette liberté fondamentale qui guide son parcours. Malgré sa popularité virtuelle, elle rappelle à ses fidèles : « Prenez soin de vous » — un conseil que son père, Renaud, transformait lui aussi en mantra « À force de te perdre, tu te trouves ».

Sources : Purepeople

  

Source : Oh!MyMag