
Le 18 janvier 2026
Le journaliste Bernard Pascuito, auteur de biographies sur Romy Schneider, Alain Delon et Johnny Hallyday…, vient de sortir chez Leduc, «Renaud, les mots de sa vie», une fine analyse sémantique de ses chansons et de sa geste.

AFP/Daniel Janin
L’écriture, les inspirations du chanteur de Laisse Béton, poésie en verlan, méritait bien qu’on s’y arrête. Dans un livre qui ressemble à une petite encyclopédie thématique, Renaud, les mots de sa vie, le journaliste Bernard Pascuito s’est attelé à cette agréable mission avec un plaisir non dissimulé. En une quarantaine d’entrées choisies non pas par Montaigne et La Boétie mais par lui, il revient sur un parcours d’artiste. On y retrouve, pêle-mêle Georges Brassens, Coluche, Flics, Georges Simenon mais aussi le jargon, les métaphores, la langue qui ont fait aimer les chansons de Renaud.
De Loubard à Paname en passant par Lolita et gonzesse, Le Figaro a illustré en mots et en vidéos, agrémentés par les commentaires de Pascuito, un florilège des mots et des chansons de Renaud.
Loubard, un peu, beaucoup…pas du tout
J’suis un loubard parmi tant d’autres/ Je crèche pas loin de la Défense/ J’ai l’air crado, c’est pas ma faute/ Mon HLM, c’est pas Byzance/ Mon pote, mon pote… (La chanson du loubard, 1977).
«…Reste à savoir si Renaud est devenu loubard plus ou moins tard. Et s’il l’est devenu en dehors de ses chansons ? Il a quelques fois raconté avoir versé à l’époque de ses 16, 17 ans, dans la compagnie de voyous qui l’impressionnaient, et auxquels il était fier de se rattacher. Était-il devenu pour autant l’un des leurs ? La réponse est non, bien sûr.» Poète-Loubard?, une expression désormais à Bannir, si l’on en croit Bernard Pascuito.
Ma Gonzesse, un mot d’amour…
Ma gonzesse, celle que j’suis avec/ Ma princesse, celle que j’suis son mec/ Oh, oh, oh/ Faut dire qu’elle mérite bien/ Qu’j’y consacre une chanson/ Vu que j’suis amoureux d’elle/ Un peu comme dans les films/ Où y a tout plein de violons/Quand le héros y meurt/Dans les bras d’une infirmière/ Qu’est très belle et qui pleure…(Ma gonzesse, 1979)
«C’était à Bobino en 1977. “Ma gonzesse s’appelle Dominique, la chanson s’appelle Ma Gonzesse”. Ce soir-là, il avait immortalisé son amour et donné à l’argotique gonzesse ses lettres de noblesse, dixit Bernard Pascuito.» Renaud, Audiard même combat, finalement.
Lolita, Lolita… une chanson pour sa fille
Dans ton nom y a deux L et tu m’demandes pourquoi/ Ben c’est parce que dans l’ciel y a des petits anges comme toi/ Eux aussi ont deux ailes dans l’dos et deux petits bras/ Ils s’accrochent aux nuages comme tu t’accroches à moi/
Dans ton nom y a un O et tu m’demandes pourquoi/ C’est l’eau d’la rivière qui s’écoule et qui va/ Rejoindre l’océan et le ciel qui fera/ Tout retomber en pluie sur tes cheveux, Lola L.O.L.I.T.A ( de l’album À la Belle de Mai, Lolita Lolita,1994))
«Nous avons tous vu grandir Lolita au rythme des récits de son père., trop heureux d’en scander chaque étape, depuis la petite enfance (Morgane de toi, Mistral gagnant), l’enfance (Il pleut), l’adolescence (Mon amoureux), l’adulescence (Elle a vu le loup), et même la maternité avec Héloïse, son premier enfant». L’histoire d’un amour paternel plus fort que tout, donc, selon Pascuito et sa discographie.
Paname, sur les bords de la Seine
Écoutez-moi, vous les ringards/ Écologistes du samedi soir/ Cette chanson-là vaut pas un clou/ Mais je la chante rien que pour vous/ Vous qui voulez du beau gazon/ Des belles pelouses, des petits moutons/ Des feuilles de vignes et des petites fleurs/Faudrait remettre vos montres à l’heure/ Moi, j’suis amoureux de Paname/ Du béton et du macadam… (Amoureux de Paname,1975).
«Quand il s’agit de son Paris, il ne rit plus. Paris ou Paname, c’est du pareil au même. C’est sa ville. Comme d’autres l’ont dans le collimateur, il a Paris dans son cœur… Fidèle à ses habitudes, il ne fait pas dans la modération lorsqu’il parle de son Paris, “la plus belle ville du monde”. On ne discute pas.»… Nous non plus, d’ailleurs.
Source : Le Figaro