Mais qui a tué Maggie ? Petit meurtre entre amis

AgoraVox

par Babar

jeudi 12 mars 2009

Avec Mais qui a tué Maggie ?, documentaire diffusé jeudi sur France 2, le cinéaste William Karel revient sur la destitution de Margaret Thatcher par les membres de son propre gouvernement et avec l’appui des conservateurs. Pour cela il a interviewé quasiment tous les protagonistes de cette tragicomédie shakespearienne. Attention chef d’œuvre.

Devant la caméra de William Karel se succèdent les interviews de chacun des ministres et des conseillers de Margaret Thatcher. Ceux qui composaient son cabinet en 1990. Et notamment le vice premier ministre et ministre des affaires étrangères, Geoffrey Howe.

Humilié par la dame de fer, c’est lui qui prononcera un discours désormais fameux en Grande-Bretagne où, sous des airs paternes, il demande ni plus ni moins à Maggie de quitter son siège de Premier ministre.

Stupeur et incrédulité. L’erreur de Margaret Thatcher est de ne pas avoir pris au sérieux cette menace. Trois jours après, après onze ans de règne quasi autoritaire, elle dut s’en aller.

Au départ, le cinéaste William Karel devait tourner un film intitulé Onze ans de pouvoir de Margaret Thatcher. Mais au fur et à mesure de son enquête il a trouvé « que ça serait bien plus intéressant, dramatique, de raconter les derniers jours » du plus atypique des premiers ministres anglais.

Atypique parce que c’est l’unique femme à avoir atteint ce niveau politique en Grande-Bretagne, qu’elle n’est pas issue du sérail politique Britannique et qu’elle reste la femme politique préférée des anglais, devant Churchill. N’oublions pas qu’avec onze années passées au 10 Downing street, elle bat le record de longévité à ce poste.

Mais qui a tué Maggie ?, ce passionnant documentaire, raconte la destitution de Margaret Thatcher. En trois jours, du 20 au 22 novembre 1990, celle qu’on surnommait la Dame de fer et qui inspira au chanteur Renaud l’un de ses plus grands succès, dut faire ses valises et quitter le pouvoir… à l’anglaise.

William Karel, qui avait déjà réalisé l’excellent Le monde selon Bush en 2004, revient donc ici sur un épisode de l’histoire contemporaine anglaise. Un épisode peu connu du public français. Il a pris un vrai risque en s’attelant à cette tâche, mais le résultat en vaut la peine, son film est une histoire tissée de bruit et de fureur, une comédie shakespearienne ou bien, selon comment on la prend, une comédie anglaise. Petits meurtres entre amis…

  

Source : AgoraVox