Noël 2024 : les idées cadeaux du Figaro pour toute la famille

LA SELECTION DU FIGARO – Nous avons passé en revue les meilleurs cadeaux de Noël à offrir aux amateurs de musique.
Coffrets
Talking Heads, 77 (Rhino/Warner)
Le premier album du groupe new-yorkais ressort au sein d’un coffret qui célèbre l’inventivité de David Byrne, Tina Weymouth, Chris Frantz et Jerry Harrison. Révélés, comme bon nombre de pairs de leur génération (Television, Ramones, Blondie, Patti Smith) au CBGB’s, club miteux de Manhattan devenu mythique, les Talking Heads avaient frappé fort dès leur premier disque. Avec un single imparable, Psycho Killer, et des chansons qui dévoilaient l’écriture singulière de Byrne, son phrasé caractéristique, et son approche originale. Outre l’album, au son impeccable, le coffret abrite un live inédit et une douzaine de chansons rares, un plantureux livret et un Blu-ray bénéficiant du son Atmos.
Johnny Hallyday, Rester vivant (Warner)
À sa sortie, en 2014, nous écrivions que ce disque était le meilleur de son auteur depuis au moins Sang pour Sang, quinze ans auparavant, voire le doublé Rock’n’roll attitude/Gang des années 1980. Réalisé par l’Américain Don Was, longtemps collaborateur des Stones, l’album redonnait ses galons rock à un chanteur qui s’était fourvoyé dans la variété la plus insipide. Pour célébrer le dixième anniversaire de l’album, Warner a mis les petits plats dans les grands avec cette belle réédition. Outre l’album original, on y trouve des enregistrements live ou des raretés de la période de production de ces chansons.

The Sound of Lalo Schifrin (Écoutez le cinéma/Universal music)
Nouveau et copieux volume (pas moins de 16 CD) de la formidable série Écoutez le cinéma, coordonnée par le meilleur spécialiste français de la musique de film, Stéphane Lerouge. Et pas des moindres puisqu’on parle ici d’un authentique génie, l’Argentin Lalo Schifrin. Un compositeur tout terrain, qui a travaillé aussi bien à Paris pour le label Barclay qu’à Hollywood pour des blockbusters (Bullit) comme des séries télévisées culte (Mannix et surtout Mission Impossible). On est sidéré par la modernité et la richesse de la musique de cet homme désormais âgé de 92 ans. Aussi à l’aise dans le jazz que dans la pop ou le classique, Schifrin bénéficie enfin du traitement qu’il mérite : un panorama extravagant d’une carrière qui mérite tous les superlatifs.
U2, How to Dismantle an Atomic Bomb (Universal music)
Cet album initialement sorti en 2004 est sans conteste le dernier grand disque du groupe irlandais qu’on considérait encore récemment comme le plus grand du monde. Quatre ans après le très apaisé All That You Can’t Leave Behind, Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen Jr retrouvaient leur producteur historique, Steve Lilywhite, et, avec lui, des accents plus rock. On est ici loin de l’expérimentation au cœur de Achtung Baby, Zooropa et même Pop, leurs albums de la décennie 1990. Déclinée en plusieurs formats, cette édition du 20e anniversaire propose dix titres inédits ainsi que l’enregistrement d’un concert à Chicago, mais aussi un livre de photos du génial Anton Corbijn, le photographe néerlandais qui a contribué à définir leur esthétique à partir de The Joshua Tree.
Renaud, À la belle de mai 30e anniversaire (Parlophone/Warner)
En 1994, Renaud sortait l’album qu’il considère comme le plus réussi de sa carrière. À la belle de mai sera aussi son dernier disque pour de longues années. Le trentième anniversaire de sa sortie permet de le célébrer comme il se doit. Entouré de nouveaux collaborateurs, notamment Julien Clerc qui compose trois chansons, Renaud enregistre à son domicile le plus tendre de ses disques. S’il n’est pas le plus populaire de ses disques, il demeure le préféré de ses nombreux fans, qui en ont fait un album culte.

Beaux livres
Jérôme Soligny, Rainbow + (GM éditions)
Fort d’avoir signé l’ouvrage définitif sur David Bowie avec les deux volumes de son enquête Rainbowman, qui se paie le luxe d’avoir été traduit en anglais (fait rarissime pour un livre français sur le rock), Jérôme Soligny remet ça. Ce nouveau volume constitue l’appendice idéal à son travail de recherches. On y trouve des textes longtemps demeurés indisponibles, garnis d’illustrations qui donnent une dimension onirique à l’ouvrage. En complément, Jérôme Soligny permet au pianiste Mike Garson, complice de Bowie de 1972 à sa mort, de sortir en vinyle son album de relectures personnelles du répertoire de son ancien employeur.

Guitares d’exception, Gründ
Expert tout terrain, infatigable enthousiaste de l’instrument, Julien Bitoun signe des légendes de ce très beau livre qui célèbre la guitare dans toutes ses marques et sous toutes ses formes. Fender, Gibson, Gretsch et Martin sont ici mis à l’honneur, à travers certains des modèles vintage les plus désirables de leur gamme. Impossible de résister à l’attraction que continuent d’exercer ces formes dessinées pour la plupart entre les années 1930 et 1960.

Kurt Cobain, L’ange déchu du rock’n’roll, Ernesto Assante, Hors Collection
Pléthore d’ouvrages ont paru pour célébrer les trente ans de la mort de Kurt Cobain, mais aucun n’est aussi réussi que celui-là. Suicidé à 27 ans, le leader de Nirvana est entré dans la légende noire du rock, mais ce livre célèbre sa vie et sa musique avec beaucoup d’énergie et de très belles images, parfois assez rares, de la dernière rock star du 20e siècle.
Philippe Manœuvre, La discothèque rock ultime (Hugo Desinge)
Vingt ans après une première parution couronnée de succès, Philippe Manœuvre, critique rock de légende, redonne sa sélection des plus grands albums de l’histoire de cette musique électrique née quelque part dans l’Amérique des années 1950. Cette fois, ce sont plus de 160 albums recensés et décryptés avec érudition par le journaliste qui a fêté cette année 50 ans d’activisme.

Elton John, Farewell Yellow Brick Road, souvenirs d’une vie en tournée
Après une tournée d’adieu fleuve données aux quatre coins du monde et prolongée par les effets du Covid-19, Elton John propose un beau livre commémorant son ultime tour de chant avec le panache qu’on lui connaît. Kitsch, scintillant, plein de couleurs, ce livre pétaradant est bien à l’image de son sujet. À lire avec ou sans lunettes !
The Cure, Paul, éditions du Layeur
Le retour en force du groupe anglais avec un album que l’on n’attendait plus – en tout cas pas aussi bon – est l’occasion rêvée de se replonger dans une discographie impeccable, amorcée en 1979 avec un premier album d’une modernité saisissante. Expérimentale, sombre, pop ou lumineuse, la carrière du groupe dont Robert Smith est le seul membre permanent est ici traitée avec exhaustivité et précision.

Source : Le Figaro