Nous nous sommes tant aimés

Ouest-France

Encore aujourd’hui, lorsque résonnent les envolées jazzy du saxo de Gato Barbieri, mes poils se hérissent. Pollen. France Inter. Au début des années 80 cette voix caverneuse colorée au Whisky/Cohiba me sort de l’enfance : « Salut c’est Foulquier ».

Jean-Louis Foulquier, passeur et accoucheur de talents. | PHOTO : AFP.

En direct du Square de Paris les saltimbanques goûtent au biberon du maïeuticien de la chanson française. Ils n’usaient pas que leurs guêtres et écumaient les verres. La fête est le « privilège des fous », comme il aimait le rappeler. Il en a reçu des palanquées. J’en ai écouté des pelletées.

Renaud, Higelin, Lavilliers auraient existé sans Foulquier. M, Emily Loizeau, Clarika aussi. Mais le frisson du premier direct radio c’était chez qui ?

Et moi ? Est-ce que j’aurais franchi le pont entre Vanessa Paradis et Juliette ?

Foulquier a brûlé les micros, les étiquettes, la vie. Sans concession. Un double infarctus et une opération au poumon auront raison de sa passion. Après la 20e édition, il décide de laisser les clefs de l’esplanade Saint-Jean-d’Acre à son adjoint, Didier Varrod. Ce sera finalement Gérard Pont, qui prendra la direction du festival. Sans concession.

  

Source : Ouest-France