On connaît tant de lui — sa signature vestimentaire (bandana rouge, blouson en cuir), son répertoire où cohabitent chansons contestataires et tendres, ses engagements politiques… Peut-on, encore, apprendre des choses sur Renaud ? Ta-ta-tin : oui. Avec la complicité de sa fille Lolita Séchan, le documentariste Tancrède Ramonet retrace aujourd’hui le parcours du chanteur, depuis son enfance dans le 14ᵉ arrondissement parisien au sein d’une famille protestante, jusqu’à ses projets les plus récents. Entre les deux, c’est une vie qui se déploie, racontée avec un sens de la narration et un rythme qui font oublier la durée de l’exercice (plus de deux heures vingt, qui filent).

Entre archives personnelles de la famille (vidéos inédites, photographies, carnets intimes), documents historiques et témoignages de ses (plus) proches, les mille visages de Renaud se dévoilent : chanteur contestataire, porte-voix des opprimés, papa poule, défenseur avant l’heure des causes environnementale et féministe, amateur de mots et de pêche à la ligne. Mais le film éblouit surtout lorsqu’il aborde, en le reliant possiblement à des secrets de familles, le combat moins connu que l’artiste a mené toute sa vie contre la maladie mentale, les crises de paranoïa et un syndrome aigu de l’imposteur. Où l’on découvre l’auteur de Mistral gagnant, pourtant élue chanson préférée des Français, terrorisé à l’idée que le public se retourne contre lui…