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Après le décès de son frère aîné début janvier, Renaud a perdu sa mère la semaine dernière. Un début d’année cauchemardesque pour l’artiste.
Par Marc Fourny

© THOMAS SAMSON/AFP
Le sort semble s’acharner sur Renaud… Le 8 janvier, il perdait son frère aîné Thierry, 69 ans, emporté par un AVC. Le 25, c’est au tour de sa mère, Solange Séchan, née Mériaux, 96 ans, de décéder à son domicile parisien. Une double peine pour l’artiste, qui était resté très proche d’elle. Selon Le Parisien, son entourage veut croire qu’il parviendra à surmonter la douleur malgré tout. Très attaché à sa famille, Renaud est de nature nostalgique, ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, son « paradis perdu », ont toujours été un moteur dans son processus créatif. Et quand le spleen devient trop grand, Docteur Renaud peut vite basculer vers Mister Renard. « La parano et le cafard/Lui inspirent que des idées noires », écrivait-il dans son fameux tube…
À cela s’ajoutent deux séries d’hospitalisation ces derniers mois. La première, en septembre dernier, au pôle addictologie de la clinique du Parc de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, pour soigner son penchant pour l’alcool. Et la seconde, mi-janvier, à la suite d’une mauvaise chute à son domicile de L’Isle-sur-la-Sorgue, au lendemain de l’enterrement de son frère Thierry. Le chanteur avait été pris en charge par les urgences après s’être fracturé les deux poignets. Le décès de sa mère est intervenu dans la foulée…
Électrochoc
« Renaud est évidemment abattu, mais il reste sobre, affirme un proche au Parisien sous le couvert de l’anonymat. La mort si brutale de son frère, qui était si important à ses yeux, peut servir d’électrochoc. D’autant que son album est bien avancé, et qu’il est excellent. » Renaud termine en effet un album de chansons sur l’enfance, qui devrait lui permettre de s’occuper l’esprit dans les mois qui viennent. « Il passe sans cesse du fond du trou au zénith avec une rapidité foudroyante, rappelait son frère jumeau David à l’automne dernier. C’est un artiste très fragile, mais qui a de la ressource… »
C’est par sa mère que Renaud s’est forgé naturellement une culture de gauche. Solange Mériaux, née à Lens, fut ouvrière dans une usine de Saint-Étienne jusqu’à l’âge de 20 ans, avant de se consacrer à son grand foyer de six enfants. Sa propre famille était de culture communiste et travaillait dans les mines ou les usines textiles du Nord. Dans son autobiographie, Comme un enfant perdu, Renaud partage plusieurs souvenirs précis, notamment quand sa mère manifestait contre l’OAS et la guerre d’Algérie et rapportait à la maison des tracts du Parti communiste, du PSU et des syndicats appelant à descendre dans la rue.
Mère protectrice
Elle était aussi pour lui la mère protectrice, Renaud étant l’enfant différent, le plus petit de ses jumeaux, créatif et chétif, qui jouait de la guitare et couchait assez tôt ses émotions dans des poèmes. « Je sais aujourd’hui que ces textes ne valent rien, mais il n’empêche que ce sont mes premiers pas vers l’homme que je vais devenir », écrit Renaud dans son livre. « Ma mère le devine peut-être, car elle s’extasie devant ma prose bégayante et s’empresse de montrer ces petites choses à mon père… » Toujours alerte à 90 ans, Solange Séchan s’octroyait un verre de whisky et une cigarette par jour et recevait son clan régulièrement les dimanches – Renaud passait la voir quand il séjournait dans la capitale.
Selon Le Parisien, ses obsèques se sont déroulées dans la plus stricte intimité pour éviter qu’une meute de photographes ne vienne perturber les cérémonies et importuner le chanteur, comme ce fut le cas pour l’enterrement de son frère aîné.
Source : Le Point