Lundi 1er avril 1996
LA VIE A POITIERS
PARC DES EXPOSITIONS
Samedi, plus de 3500 spectateurs étaient réunis au parc des expositions pour témoigner à Renaud leur indéfectible admiration.

Huit ans que Renaud n’était pas venu à Poitiers, huit longues années pour ses fans qui ont attendu, patiemment mais avec autant d’admiration, le retour de leur idole ou plutôt de leur porte-parole. Car si on leur demande pourquoi ils aiment autant Renaud, tous répondent la même chose « Il est réaliste, il dit ce que nous pensons, il dit la vérité. » Mais ce qui surprend le plus; c’est la diversité du public. Il n’y a pas de spectateur-type. Ils ont 10, 20, 40 et même 70 ans, homme ou femme, de tous les milieux, tous témoignent envers Renaud du même amour, Ainsi Colin, 10 ans, explique : « Ses chansons me font rire et si je suis sûr qu’il pense ce qu’il dit. » Céline et Karine, 20 ans, admirent : « la cohérence entre ses actes et ses paroles. Il est différent, il exprime nos idées, nos réalités. » Henri, 70 and et son fils Olivier, 24 ans, étaient ensemble au concert et bien que de générations différentes, tous les deux ont le sentiment de se retrouver en lui.

66-01/04/96
Samedi soir, certains avaient roulé des centaines de kilomètres, avaient fait des heures de queue pour assister à ces quelques heures de communion. Car ils s’agissait bien de connivence, une discussion entre le chanteur et son public
et non pas un monologue. De tout le Poitou-Charentes, de la Touraine, de la Vendée… tous connaissaient par cœur les chansons. Comment décrire l’émotion qui se dégagea de la salle, lorsque Renaud, après son célèbre Tatata, entonna ces premières paroles « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme… » L’assistance frissonna. Puis on parla football, politique, musique et bien d’autres sujets encore. Il y eu aussi Sarclo, en première partie, un ami de Renaud, aussi bavard que lui sur scène et dont l’humour et tes textes dénoncent certaines réalités du monde : Bosnie, Rwanda, Irlande, pauvreté, injustices, massacres, les réalités de notre monde.
Alors maintenant que souhaiter d’autre, à part que Renaud vienne plus souvent à Portiers.
Estelle Cognacq
Source : La Nouvelle République