
Le 29 mai 2007
Par : Lionel Chiuc
Le chanteur passe ce soir à l’Arena. Voix blanche pour un album «Rouge sang».

Fin des années septantes. Danièle Gilbert, la «Grande Duduche», accueille dans son émission Midi première un échalas blond à la dégaine de loubard. Le gaillard s’appelle Renaud et chante en verlan un titre qui va assurer sa notoriété: Laisse béton.
Dans la grande bouillie conformiste de l’époque, c’est presque une révolution. Pour la première fois, les ménagères de moins de 50 ans découvrent en direct de leur cuisine un artiste contestataire qui ose mettre en musique les préoccupations de la jeunesse. Trois ans plus tôt, Hexagone a même fait l’objet d’une interdiction sur les ondes de France-Inter.
Assassiné par «Libé»
La «chetron sauvage» est née. Un mélange authentique de coups de gueule, de coups de cœur et de vannes bien senties. Bizarrement, la presse de gauche – sa famille politique – fait la moue. «J’ai toujours été soutenu par des critiques plutôt honnêtes, comme celles du Figaro, et toujours assassiné par Libération, nous expliquait récemment Renaud. Ultime paradoxe pour un artiste qui les cultive volontiers.
Le public, lui, y retrouve toujours ses petits. Même au plus fort de la débine, quand l’alcool et la dépression acculaient le chanteur au désespoir, il a continué à lui manifester sa fidélité. Malgré ce soutien, Renaud a bien failli «laisser béton».
«Ce monde me désespérait tellement que je m’y intéressais peu, se souvient-il. Je pensais qu’à ma peau, à mon propre chagrin: je me complaisais dans une espèce d’autodestruction alcoolique… Mais c’était pas du Zola, quand même: j’allais dans des brasseries de Montparnasse boire des pastis à 10 balles suisses. C’était pas bon pour le foie, mais je faisais surtout du mal à mon entourage».
Une fois encore, l’amour aura été la meilleure thérapie. Depuis 5 ans, la blonde Romane rédige le nouveau chapitre du roman de Renaud. Et récolte pour le coup un bouquet de titres sur Rouge sang. «Mes chansons d’amour ont jamais été des fictions, précise l’artiste. J’ai toujours raconté ma vie quotidienne, ma vie familiale, avec mon ex, ma fille… on a pu la voir grandir au fil des années. J’ai la matière de mon inspiration sous la main. J’ai pas besoin de chercher ça dans les livres».
Source : Le HML des fans de Renaud