« Renaud, le gosse de Paname » : entre le triomphe des « Mistral gagnants » et ses années tourmentées

RTBF Actus

Portraits

08 nov. 2025 à 11:00 – mise à jour 14 nov. 2025 à 09:16

Par Cécile Sartiaux


À travers le documentaire « Renaud, le gosse de Paname », Géraldine Germanaud retrace le parcours d’un artiste à la fois génial et tourmenté. Né à Paris, Renaud a bâti sa légende sur des mots simples, une révolte sincère et un amour profond pour la capitale. Mais derrière le succès immense de « Mistral gagnant », se cache une lente descente, celle d’un chanteur écorché qui n’a cessé de lutter contre lui-même.

Quand Renaud a écrit « Mistral gagnant »
Renaud, le gosse de Paname

L’enfant de Paris

Depuis son premier album Amoureux de Paname en 1975, Renaud chante la capitale comme personne. Fils du 14e arrondissement, il a grandi entre les pavés de la Porte d’Orléans et les barricades de mai 1968. C’est là qu’il découvre sa plume, celle d’un gamin insolent et engagé. Son univers prend forme au Café de la Gare, où il croise Coluche, son frère de cœur, et Dominique, sa muse. Soutenu par elle, il troque la casquette pour le blouson de cuir et trouve enfin sa voie, celle d’un poète populaire, tendre et rebelle. Dans les années 80, Renaud écrit des chansons très personnelles, mais leur sincérité touche un large public. C’est à cette période qu’il signe ses plus grands titres et connaît un succès immense.

Image tirée du documentaire « Renaud, le gosse de Paname ». © Renaud, le gosse de Paname

Son chef-d’œuvre

C’est au milieu de cette période dorée que Renaud écrit Les Mistral gagnants, une ballade intime née presque par hasard à Los Angeles. Inspirée par sa fille Lolita, la chanson évoque l’enfance, la douceur, la nostalgie. Elle deviendra un classique, élue plus belle chanson de tous les temps. Mais derrière ce succès, le chanteur vacille. Il vit la mort de son ami Coluche en 1986, puis une grande désillusion politique après un concert à Moscou, où le public se détourne lorsqu’il chante Déserteur. En quelques années, Renaud glisse vers la mélancolie et l’alcool, incapable de retrouver l’équilibre.

Il y a une dimension franchement psychiatrique qui s’impose dans la vie de Renaud à ce moment-là.

Extrait du documentaire

Malgré tout, il continue à créer, avec À la belle de mai ou son rôle d’Étienne Lantier dans Germinal. Mais à partir de 1996, il s’éteint doucement, rattrapé par ses démons.

La participation d’Axelle Red à la chanson « Manhattan-Kaboul »
Renaud, le gosse de Paname

Les renaissances

Au tournant des années 2000, ses amis musiciens Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty l’aident à remonter la pente. Ensemble, ils créent l’album Boucan d’enferporté par le tube Manhattan-Kaboul chanté avec Axelle Red. Ce retour ne mettra pas fin à ses rechutes, mais il montre la force de Renaud à se relever et à sortir de l’ombre. En 2015, après les attentats de Charlie Hebdo, il retrouve l’envie d’écrire. De cette période difficile sort l’album Toujours debout.

Le documentaire Renaud, le gosse de Paname revient sur le parcours de cet artiste à part, à la fois fragile et tenace.

À découvrir le 14 novembre à 20h30 sur La Trois et en streaming sur Auvio jusqu’au 12 février.

  

Source : RTBF Actus