
Renaud a failli écrire l’album de Vanessa Paradis avant que Gainsbourg ne reprenne le projet, révélant une collaboration inédite et un lien artistique fort.

Renaud, inaltérable « chanteur énervant », marque la chanson française depuis plusieurs décennies avec un style incisif et des textes qui résonnent dans toutes les générations. Né en 1952 à Paris, il est aujourd’hui salué comme l’un des piliers du patrimoine musical hexagonal, fort de vingt-six albums et de près de vingt millions d’exemplaires vendus. Alors que l’artiste célèbre ses 75 ans, une anecdote fascinante ressurgit sur une collaboration audacieuse avortée avec Vanessa Paradis au tournant des années 1990.
Alors que la jeune étoile venait de connaître l’ascension fulgurante avec « Joe le taxi », Renaud s’est retrouvé au cœur de l’élaboration de son second album… pour finalement laisser la place à l’imposant Serge Gainsbourg. Retour sur un épisode méconnu où des maquettes précieuses n’ont jamais vu le jour, sacrifiées sur l’autel d’une légende.
Quand Renaud devait écrire l’album de Vanessa Paradis : une collaboration sacrifiée
Au début de la décennie 1990, Vanessa Paradis cherche à transformer l’essai après le triomphe de son premier album et son rôle dans « Noce blanche ». Sa production fait appel à plusieurs artistes de renom pour concevoir un second opus à la hauteur des attentes. Le binôme initial, constitué du parolier Étienne Roda-Gil et du compositeur Franck Langolff, vacille suite à la tragique disparition de l’épouse de Roda-Gil. Face à ce contretemps, le nom de Renaud s’impose. Il accepte de relever le défi : il compose et enregistre six maquettes sur des musiques signées Langolff, conjuguant sa plume engagée à la fraîcheur juvénile de Paradis. La scène s’anime encore davantage grâce à la participation d’Alain Souchon et de Buzy lors des premières sessions.
Mais le destin de ces chansons bascule lors d’une rencontre décisive. Serge Gainsbourg, figure tutélaire de la chanson française, s’invite dans le projet. Fasciné par le potentiel de Paradis, il propose d’écrire l’intégralité de l’album et sollicite Renaud pour qu’il passe la main. Fidèle à l’élégance artistique, Renaud accepte et met littéralement « à la poubelle » les six maquettes enregistrées, laissant la voie libre à Gainsbourg qui livrera Variations sur le même t’aime en mai 1990. Porté par cette plume désormais iconique, ce disque dépassera les 400 000 ventes et deviendra le dernier grand projet de Serge Gainsbourg avant sa disparition en mars 1991.
Des liens artistiques préservés entre Renaud et Vanessa Paradis
Si la collaboration originelle entre Renaud et Vanessa Paradis n’a jamais abouti, elle n’a entaché en rien le respect et la tendresse artistique que les deux figures partagent au fil du temps. Après cet épisode, leurs chemins se croisent à plusieurs occasions marquantes. En 1998, Paradis reprend sur scène le classique « Mistral gagnant » aux côtés de Maxime Le Forestier lors d’un concert des Enfoirés, duo immortalisé et commercialisé en CD single.
Plus tard, en 2014, Vanessa Paradis retrouve Renaud à l’occasion du projet caritatif Band Aid contre Ebola.
Ce compagnonnage artistique est teinté d’une véritable estime mutuelle. Vanessa Paradis n’hésite pas à partager son émotion après avoir retrouvé le chanteur : « J’étais contente de le voir. Il était magnifique… Je l’ai trouvé en forme ».
Renaud, quant à lui, continue de traverser les décennies avec une œuvre marquée par ses combats personnels, de la lutte contre la dépression à l’évocation directe de ses failles dans ses textes les plus intimes. Et s’il a laissé filer, par modestie et respect, l’opportunité d’offrir ses mots à Paradis, il reste une figure majeure dont la trajectoire n’a de cesse d’inspirer, d’intriguer et d’émouvoir un public fidèle.
Sources : Public
Source : Oh!MyMag