C’est la première fois qu’ils prennent la pose et la parole ensemble. Renaud l’avait rendue célèbre, enfant, en lui chantant sa tendresse. Lolita, la fille du chanteur, sort un livre sur son père dont elle est devenue la manageuse. Nous nous sommes assis sur un banc cinq minutes avec eux…
Longtemps elle a préféré être loin de ce monde. Lolita Séchan est pourtant connue de tous les Français et de tous les fans de son père. Dès 1983, trois ans après sa naissance, Renaud était « Morgane de toi ». La petite fille apparaît même dans les bras de son père sur la pochette de l’album, vendu à plus de 1,5 million d’exemplaires. Avant d’enfoncer le clou deux ans plus tard en lui dédiant « Mistral gagnant ». Les années passent mais les chansons restent. Et Lola, le double de Lolita en chanson, devient un personnage à part entière du répertoire paternel, tantôt boudeuse, tantôt amoureuse. « J’ai reçu de l’amour par procuration », raconte Lolita, installée face à son père à La Closerie des lilas, son ancien QG parisien, « tout en étant une enfant qui aime plus que tout son père et qui admire plus que tout son œuvre. La complexité a été de trouver ma place entre le personnage qu’il a créé et celle que je suis vraiment ».
L’enfance bénie des dieux de Lolita va pourtant être le début de l’enfer pour le chanteur. Plus Lolita grandit, plus il glisse dans une profonde dépression. Quand Lolita entre dans l’âge adulte, Renaud, lui, plonge dans le Ricard. « Le médicament contre mes névroses », admet le patriarche, 73 ans aujourd’hui. Mais Lolita a sauvé sa peau, vivant comme elle le pouvait alors, privilégiant sa vie de jeune femme, jamais loin des tumultes de La Closerie. C’est Dominique, sa mère, dont Renaud a divorcé en 2001, qui va porter le Renard de longues années, rechute après rechute. « En 2019, reprend Lolita, j’ai expliqué à ma mère qu’il était temps que je prenne le relais. Je lui ai proposé d’arrêter de s’occuper de lui, j’ai considéré que c’était désormais à mon tour, en femme adulte. » Avec Bloodi et Pierrot, les deux assistants de Renaud, qui se relaient chaque semaine auprès de lui, Lolita gère une première cure de désintoxication en février 2019. Renaud a chuté dans les escaliers de La Pétouze, sa maison de L’Isle-sur-la-Sorgue, et entre dans une clinique spécialisée de Montpellier avec un bras dans le plâtre et un traumatisme crânien. Il vient de perdre coup sur coup son frère et sa mère adorée, cherche désespérément l’inspiration.
Il admet alors qu’il doit se soigner. Mais le traitement ne suffit pas. Il commande une bière dès sa sortie de l’établissement. Deux ans plus tard, Lolita l’accompagne cette fois en Suisse. Il est temps de tout recommencer. Nouveau sevrage, nouveau protocole et nouvelle ambition : Renaud veut remonter sur scène, retrouver son public. Alors cette fois il s’accroche. « Je n’ai plus rien touché depuis quatre ans », nous dit-il fièrement. La vie, depuis, a redonné des couleurs au chanteur plus trop énervé. La rencontre avec Cerise le 12 mai 2022, le lendemain de ses 70 ans, un mariage deux ans plus tard, 130 dates de concert et Lolita à ses côtés en tant que manageuse, depuis un an officiellement. « Disons que nous avons mis de l’ordre dans notre manière de fonctionner en la cadrant », explique la jeune femme. Cette année, Renaud et Lolita ont décidé de célébrer les 50 ans de carrière du premier : un concert autour de ses chansons a eu lieu en juillet aux Francofolies de La Rochelle, des rééditions en pagaille viennent combler les fans. Mais Lolita a surtout veillé au destin d’un beau livre, écrit avec le journaliste Erwan L’Eléouet, dans lequel ils retracent toute la vie de Renaud, illustré par de nombreuses archives personnelles et inédites. « Je voulais montrer combien mon père a été le premier à s’exprimer sur des sujets de société majeurs, je voulais raconter vraiment le bonhomme que l’on connaît, ses engagements, ses révoltes, mais remettre aussi un peu d’ordre dans une histoire pas toujours exacte. »
« Lolita est celle qui me connaît le mieux, rugit Renaud de sa voix caverneuse. Je l’ai accompagnée comme j’ai pu. » Lolita tient avant tout à rappeler « qu’il y a peu d’artistes qui se sont autant impliqués socialement et politiquement. Mon père a fait un travail de proximité, sans se vanter, il a concrètement aidé les gens. Et moi, ça a construit ma colonne vertébrale de femme féministe ». Son seul regret ? « Que l’on n’entende plus beaucoup de voix comme la sienne actuellement. » Le regard bleu de Renaud s’illumine. « Je ne saurais pas expliquer pourquoi personne n’a pris le relais. Mais pour moi, à l’époque, c’était vital, c’était nécessaire, je ne pouvais faire autrement que de défendre les minorités opprimées. »
Cette nécessité, estime Lolita, trouve ses racines dans une histoire familiale complexe. Si Renaud a toujours cru être le cinquième des six enfants d’Olivier Séchan, ils étaient en réalité huit. D’une première union avec Renée Vincent, Olivier avait d’abord eu Catherine, décédée à l’âge de 2 ans d’un arrêt cardiaque. Puis vinrent Nicolas et Christine. Durant la guerre, alors que Christine se repose dans un sanatorium, Nicolas et Renée quittent Paris pour Falaise, en Normandie. C’est là qu’ils sont tués en 1944, lors de bombardements alliés. Quand Olivier récupère Christine en 1945, il est accompagné de Solange Mériaux. La petite fille croit alors reconnaître sa mère. La vérité ne lui sera révélée que bien plus tard. Et Renaud, lui, n’apprendra qu’à l’âge de 12 ans la vérité sur ses frères et sœurs aînés. « C’était l’après-guerre, rappelle Renaud, il fallait tout reconstruire. Alors, du passé, on ne parlait pas. Et la culture protestante de mon père a fait qu’il a enfoui ses propres blessures. Mais pour moi, ça a été un traumatisme. » Il y a deux ans, le septuagénaire a fait restaurer la sépulture de Renée, Catherine et Nicolas Séchan. « Il n’y avait plus qu’un tas de cailloux et des gravats, j’ai fait poser une pierre tombale. »
En 1985, il chante en URSS. «Le modèle auquel je croyais s’est effondré sous mes yeux», rappelle-t-il
Le silence est d’or au domicile des Séchan, avenue Paul-Appel dans le XIVe arrondissement, car Olivier se pique d’écrire des romans policiers, au succès modeste. Renaud l’imite en remplissant des cahiers entiers d’idées, de dessins, de textes. Le voilà un jour journaliste, consacrant un carnet à son idole Hugues Aufray, un autre jour militant, d’autant qu’il a 16 ans au moment de Mai 1968 et que l’envie de tout envoyer valser le taraude. La suite est connue : sept ans plus tard Renaud est le porte-étendard de la justice sociale, lui qui pourfend le pouvoir et le capitalisme dans ses chansons et devient le héros d’une jeunesse en manque de repères. Sa répartie fait mouche auprès du public, son esprit vif, sa culture littéraire plaisent aux médias et sa tendresse emporte le reste. Mais en 1983, trois ans après la naissance de Lolita, Renaud décide de renverser la table. Il se fait construire un bateau pour faire le tour du monde. Il embarque femme et enfant et quitte la France depuis Fécamp. Direction l’aventure ! Seul hic, il n’avait jamais tenu la barre d’un voilier, et Dominique comme Lolita tombent malades dès les premières vagues. « Rétrospectivement, c’était dingue, raconte Lolita. Ça montre combien il avait envie de ne pas s’installer dans le confort d’une vie de chanteur bourgeois aimé du public. Mais pour ma mère et moi ce fut l’enfer. Aujourd’hui encore je ne peux pas monter dans un bus sans être malade. »
Ce genre d’échappée sauvage se reproduira. Renaud chante en URSS en 1985, première grande claque dans sa « che-tron d’idéaliste. Le modèle auquel je croyais s’est effondré sous mes yeux, rappelle-t-il. Au bout de trois chansons, la salle s’est vidée, parce que l’ordre avait été donné de partir à ce moment-là. Moi qui croyais que les gens en URSS étaient libres, j’ai vu la mainmise du pouvoir sur ses propres ressortissants. Ça a été très violent. » Sa plume devient plus que jamais son arme. Tout en déjeunant à l’Élysée avec François Mitterrand, Julien Clerc et une petite fille dont la présence étonne tout le monde. Éternel paradoxe de l’homme de luttes qui doit frayer avec le pouvoir pour se faire entendre… « C’est Madeleine, la sœur de mon père, qui avait accouché Anne Pingeot dans une clinique d’Avignon, raconte Renaud. Mais, quand j’allais à l’Élysée, je ne savais pas qu’il s’agissait de Mazarine, je n’ai fait le lien que bien plus tard. » Il gardera durant les deux septennats de François Mitterrand un lien amical avec le chef de l’État socialiste, lui envoyant missives et cartes postales, auxquelles il recevait toujours une réponse.
«Avec ma mère, on était comme des sentinelles, rappelle Lolita. Il fallait que le moins de monde possible soit au courant de son état»
En 1997, le chanteur s’envole pour Cuba avec trois copains. C’est là que son existence se fracasse pour de bon. « Il avait déjà été très marqué par la mort de ses potes Coluche, Desproges et Gainsbourg, reprend Lolita. Petit à petit, des esprits libres, comme lui, disparaissaient et il se retrouvait seul. Mais à La Havane il perd pied. » Renaud se sent menacé en permanence, se croit épié. La crise de parano aiguë l’oblige à se cacher dans sa chambre d’hôtel dont il refuse de sortir. Il faudra que Dominique intervienne à plusieurs reprises par téléphone pour le rapatrier en France. « C’est à mon retour que j’ai commencé à picoler sévère. » Dominique le quitte en 1999. Renaud assiste impuissant à la perte de ce qu’il aimait tant : sa vie de famille. Lolita et Dominique ne seront jamais loin de lui, telles des vigies, mettant trop souvent leurs propres vies entre parenthèses. « On était comme des sentinelles, rappelle sa fille. Il fallait que le moins de monde possible soit au courant de son état réel, il était quand même une personnalité publique. »
Quand Romane, rencontrée sur les bancs de La Closerie, entre dans sa vie en 2002, l’espoir renaît. Neuf ans et un enfant plus tard, retour au point de départ. « Je me désole de ne pas avoir vu Malone grandir, dit Renaud, de ne pas avoir pu m’occuper de lui… » « Mais aujourd’hui tout va mieux », estime Lolita, louant les qualités de son petit frère de 19 ans, brillant élève, qui renoue peu à peu avec un père apaisé, « comme toi, il n’est pas bavard. Mais je sais que sa naissance t’a sauvé ». Lolita se souvient avec douceur de Noëls à Londres, où se retrouvait la famille recomposée. « Tu étais quand même très heureux à cette période, non ? Quand Malone était petit, tu lui chantais des comptines, tu l’emmenais au parc. Après la séparation, en 2011, tout a changé. C’est sûr que nous n’avons pas eu le même père. Mais ce n’est vraiment pas faute d’amour. »
«Tu as été un père génial», lance-t-elle avant de rappeler ses chasses aux trésors à L’Isle-sur-la-Sorgue où Renaud mettait tout le village dans sa combine
Alors la faute à quoi ? « Moi, je ne sais pas quoi répondre, rigole Lolita, à part que je suis en analyse depuis vingt-sept ans et que ma situation amoureuse personnelle est compliquée. Mon père, lui, a toujours eu une béquille : ses failles, il a pu les transcender. Ce qui n’a, par exemple, jamais été le cas de ma mère ou de moi. Toute cette souffrance, nous, on n’en a rien fait. Enfin, si, ce livre… » Les yeux de Renaud le trahissent, entre culpabilité et absence totale de réponses. « C’est la vie, peut-être, qui m’a fait du mal, le temps qui passe, mon empathie, mes angoisses… » Lolita l’interrompt. « Mais si je fais un livre sur toi, c’est aussi et avant tout parce que tu as été un père génial. » Et la jeune femme de rappeler ses chasses aux trésors à L’Isle-sur-la-Sorgue, où Renaud mettait tout le village dans sa combine. « Je lui avais demandé d’aller chercher des mûres, rappelle le chanteur. Et elle était tombée sur une vieille bouteille, avec un vieux parchemin. Tout était bidon, mais tout le monde jouait le jeu. » Lolita se souvient aussi des fous rires quand son père déboulait dans sa chambre le samedi soir avec l’air d’avoir fait une grosse connerie. « Je regardais « Perdu de vue », se rappelle Renaud et j’avais appelé le standard de l’émission. « Allô ? Je l’ai vu… » « Qui ça ? » lui demanda la standardiste. « Ton cul », pouffe Renaud, plié en deux de rire par sa blague. « Mais il avait la trouille de se faire choper, nuance Lolita, qu’on vienne le chercher à la maison pour l’engueuler. Comme un môme. Ses hauts et ses bas, j’ai appris à les relativiser, il y a des gens qui vivent des choses pires et qui n’ont aucun moyen d’être aidés. Ce qui n’est pas son cas. »
Depuis trois ans, Renaud va mieux. Beaucoup mieux. Si sa parole est amoindrie, son cœur bat de nouveau pour Christine, surnommée définitivement Cerise, une femme de 44 ans, mère de deux enfants et fan du chanteur depuis l’album « Marchand de cailloux », en 1991. « Elle est arrivée au bon moment, estime Renaud, qui crevait de solitude. J’avais envie de fusion sentimentale. C’est aussi pour elle que je suis parti en tournée, je voulais qu’elle voie ce que c’est. » C’est également pour elle qu’il a acheté une maison à Rezé, dans la banlieue de Nantes, où il passe une à deux semaines par mois pour être auprès de son épouse et de ses beaux-fils, qu’il adore. Sera-t-elle la muse qui lui permettra de retrouver l’inspiration ? « J’ai écrit trois textes, il m’en manque neuf pour enregistrer un nouveau disque. Pour l’instant, la feuille reste désespérément blanche. Mais ça va peut-être finir par arriver. » Lolita confirme. « La musique a toujours été une carotte pour lui. Je me souviens d’une scène à la clinique de Montpellier. On voulait tous qu’il reste le plus longtemps possible, mais lui s’énervait : « Laissez-moi faire mon métier, je suis un héros populaire ! » En ce moment, il est concentré sur les concerts du mois de mai prochain que l’on organise pour célébrer avec ses amis ses 50 ans de carrière. Il ne pourra jamais rien faire en spectateur. » Renaud acquiesce : « Mon public, c’est mon meilleur pote. » Lui qui a si souvent fréquenté les tréfonds de son âme le sait : même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants, la vie heureuse lui tend – enfin – les bras.
Côtes-du-rhône : vin d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), produit sur les rives droite et gauche du Rhône entre Vienne (38) et Avignon (84).
Bordeaux : vin français d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), produit dans le vignoble de Bordeaux (33).
« Qu’est ce qu’il va faire de son bleu ? De son drapeau rouge de son Lénine, c’est toute sa vie qui était dans sa machine »
« Qu’ils reposent à Jérusalem, sur la terre de leurs pères, au soleil d’Israël, je veux leur dédier ce poème, leur dire qu’ils nous sont chers »
« Palestiniens et arméniens déclarent du fond de leur tombeau qu’un génocide c’est masculin comme un SS un torero »
Dinde aux marrons
Plat traditionnel du réveillon de Noël français.
J'voudrais
Je voudrais (registre familier).
Les voir crever
Les voir mourir (registre argotique).
Ils rat'ront
Ils rateront (registre familier).
D'tourner
De tourner (registre familier).
Y'a d'la joie
Il y a de la joie (registre familier).
La grande bouffe
Les repas copieux (registre argotique).
Les p'tits cadeaux
Les petits cadeaux (registre familier).
L'apothéose
La fin, très brillante (registre soutenu).
C'est l'opium du peuple de France
Ce sont les activités permettant au peuple d’oublier sa condition et le détournant des problèmes économiques et sociaux.
En référence au célèbre dicton philosophique de Karle Marx : « La religion est l’opium du peuple ».
L'tiercé
Le tiercé (registre familier).
Forme de pari hippique quotidien consistant à trouver les trois premiers chevaux dans l’ordre d’arrivée d’une course, inventée et mise au point en 1954 par André Carrus, directeur du PMU (Pari Mutuel Urbain), l’opérateur de paris hippiques.
Télé
Télévision (registre familier).
Bagnole
Automobile (registre argotique).
L'dernier
Le dernier (registre familier).
Salon d'l'auto
« Salon de l’automobile, du cycle et du motocycle » (registre familier), devenu « Salon de l’Automobile » en 1977, « Mondial de l’automobile » en 1988 et « Mondial Paris Motor Show » en 2018.
Tarés
Imbéciles (registre populaire).
Pinard
Vin (registre argotique).
Le sang de la terre
Le vin.
Fermente
Se décompose sous l’influence de micro-organismes, et devient du vin.
Santiago
Santiago du Chili, capitale du Chili.
C'est la gangrène
C’est ce qui pourrit, corrompt (au sens figuré).
Ils sont pas nombreux à gueuler
Ils ne sont pas nombreux à protester (registre argotique).
Au cœur de l'Amérique latine
Au Chili.
Lorsqu'en septembre on assassine
Le 11 septembre 1973, le gouvernement du Chili du président Salvador Allende est renversé par un coup d’État militaire soutenu par les États-Unis.
Allende se suicide dans le palais présidentiel de la Moneda alors que l’armée donne l’assaut. Et le général Augusto Pinochet prend le pouvoir et instaure une dictature sanglante.
Ils oublient un peu la machine
Une grande partie des français prend ses vacances en août, mois durant lequel le pays était pratiquement à l’arrêt à l’époque de la chanson, en 1975, :
la France était encore un pays industriel comptant des millions d’ouvriers, dont les usines fermaient presque toutes en août pour 4 semaines (la cinquième semaine de congés payés sera octroyée le 13 janvier 1982 par le gouvernement socialo-communiste de Pierre Mauroy),
et la rentrée scolaire ne s’effectuait encore qu’à la mi-septembre et non au tout début du mois comme c’est le cas depuis quelques années.
Ils crient : vive les congés payés
Les congés payés sont une période de congé au cours de laquelle le salarié est payé par l’employeur en raison d’une obligation légale.
Cette innovation sociale majeure est apparue en France le 20 juin 1936 en France, grâce au gouvernement de Front Populaire de Léon Blum.
Grâce aux congés payés des millions d’employés et ouvriers découvrent la notion même de vacances et voient souvent la mer pour la première fois cette année-là.
Après une longue année d'usine
Une grande partie des français prend ses vacances en août, mois durant lequel le pays était pratiquement à l’arrêt à l’époque de la chanson, en 1975, :
la France était encore un pays industriel comptant des millions d’ouvriers, dont les usines fermaient presque toutes en août pour 4 semaines (la cinquième semaine de congés payés sera octroyée le 13 janvier 1982 par le gouvernement socialo-communiste de Pierre Mauroy),
et la rentrée scolaire ne s’effectuait encore qu’à la mi-septembre et non au tout début du mois comme c’est le cas depuis quelques années.
Au mois d'août c'est la liberté
Une grande partie des français prend ses vacances en août, mois durant lequel le pays était pratiquement à l’arrêt à l’époque de la chanson, en 1975, :
la France était encore un pays industriel comptant des millions d’ouvriers, dont les usines fermaient presque toutes en août pour 4 semaines (la cinquième semaine de congés payés sera octroyée le 13 janvier 1982 par le gouvernement socialo-communiste de Pierre Mauroy),
et la rentrée scolaire ne s’effectuait encore qu’à la mi-septembre et non au tout début du mois comme c’est le cas depuis quelques années.
Comme des pions
Comme n’ayant pas vraiment d’importance dans une stratégie globale, de la même manière que les pions du jeu de dames ou du jeu d’échecs.
Flonflons
Accords, généralement bruyants, d’une musique d’harmonie, entendue à distance (mot n’existant qu’au pluriel).
D'feux d'artifice
De feux d’artifice (registre familier).
Ils s'abreuvent de
Ils consomment en grande quantité (sens figuré).
En souv'nir d'une révolution
En souvenir d’une révolution (registre familier) : la révolution française de 1789.
Ils font la fête au mois d'juillet
Ils font la fête au mois de juillet (registre familier) : ils célèbrent la fête nationale française le 14 juillet.
Jean Moulin
Héros de la première heure de la résistance française (*), présent sur le terrain, en France occupée, de janvier 1942 jusqu’à son arrestation le 21 juin 1943, arrêté et torturé par le nazi Klaus Barbie, mort le 8 juillet 1943 dans un train pour Berlin.
(*) : Préfet d’Eure-et-Loir (28), Jean Moulin est arrêté le 17 juin 1940 par les Allemands parce qu’il refuse de signer un protocole rédigé par trois officiers allemands, reconnaissant faussement qu’une troupe de tirailleurs sénégalais de l’Armée française a commis de prétendues atrocités envers des civils à La Taye, un hameau de Saint-Georges-sur-Eure (28), en réalité victimes de bombardements allemands.
Frappé à coups de poing et enfermé pour refus de complicité avec les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre. Il évite la mort de peu et conserve ensuite une cicatrice qu’il cache sous un foulard sur de célèbres clichés pris après sa guérison, à la préfecture de Chartres (28).
Qu'y'avait pas beaucoup d
Qu’il n’y avait pas beaucoup de (registre familier).
Planqués à Londres
À l’abri, dans un endroit sûr, où l’on ne participe pas au combat en temps de guerre (registre familier).
Renaud fait ici allusion aux militaires français du QG (Quartier Général) des FFL (Forces Françaises Libres) du général de Gaulle, situé à Londres.
Vive Pétain
Le maréchal Philippe Pétain, chef de l’État français, le régime autoritaire à la tête de la France durant l’occupation allemande, du 10 juin 1940 au 20 août 1944.
Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui
Qui est venu se faire tuer loin de chez lui (registre familier).
Soldat ricain
Soldat américain (registre familier).
Débarquement d'Normandie
Débarquement de Normandie (registre familier) : débarquement anglo-américano-canadien du 6 juin 1944.
S'en allant voter par millions
Les 23 et 30 juin 1968 ont lieu des élections législatives, après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République Charles de Gaulle afin de répondre à la crise de mai 68.
Les partis de gauche, considérés comme partiellement responsables de ladite crise, subissent une cuisante défaite (91 sièges sur 485) au profit de la majorité de droite sortante (367 sièges), qui avait pourtant éprouvé de sérieuses difficultés à l’emporter lors des précédentes élections, un an auparavant.
Source : wikipedia.org
J'me souviens surtout d'ces moutons
Je me souviens surtout de ces (registre familier) moutons : personnes faisant la même chose que les autres.
D'une révolution manquée
Les événements de mai-juin 1968, qui mirent en péril le 4e gouvernement de Georges Pompidou, Premier ministre du Général de Gaulle.
D'un sang qui coula rouge et noir
« La Commune de Paris » de 1871 est une période insurrectionnelle de l’histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871, où elle est écrasée et ses membres exécutés en masse.
Cette insurrection contre le gouvernement, issu de l’Assemblée nationale qui venait d’être élue au suffrage universel masculin, ébaucha pour la ville une organisation proche de l’autogestion ou d’un système communiste.
D’où les références au rouge du communisme et au noir de l’anarchie.
I' m'font pitié
Ils me font pitié (registre familier).
Ils les appliquent tous à la lettre
Ils les appliquent tous précisément, comme il est écrit, sans les interpréter.
C'était pour bientôt
Le printemps est là depuis le 21 mars. Mais le temps peut s’avérer encore frais durant le mois d’avril.
Que l'printemps
Que le printemps (registre familier).
Télé
Télévision (registre familier).
J'parierais pas
Je ne parierais pas (registre familier).
En c'moment
En ce moment (registre familier).
C'qu'on fait
Ce que l’on fait (registre familier).
C'est pas la gloire
Ce n’est pas la gloire (registre familier) : Il n’y a pas de quoi en être fier.
Une sinécure
Charge ou emploi où l’on est rétribué sans avoir rien (ou presque rien) à faire.
Situation de tout repos (registre soutenu).
Cinquante millions de prétendants
En 1975, la France ne compte encore que 52,6 millions d’habitants très exactement. Et non 66,5 millions comme en 2020.
Y'aurait
Il y aurait (registre familier).
Perdait son trône
Perdait le pouvoir.
Roi des cons
Roi des idiots (registre argotique).
Bandant
Excitant (registre vulgaire).
Qu'ça soit
Que cela soit (registre familier).
On peut pas dire
On ne peut pas dire (registre familier).
Être né sous l'signe de
Être né sous le signe de (registre familier) : Être né en.
Chez nous aussi fonctionne encore
La dernière exécution par guillotine n’aura lieu en France que deux ans plus tard, le 10 septembre 1977, à la prison des Baumettes à Marseille (13) et Hamida Djandoubi, un tunisien de 27 ans, sera le dernier condamné à mort à avoir été exécuté en France, pour la torture et le meurtre d’une femme de 22 ans. La peine de mort ne sera abolie dans notre pays que le 18 septembre 1981, après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la république et l’arrivée de la gauche au pouvoir.
Qu'la guillotine
Que la guillotine (registre familier).
Mise à mort
Exécution.
Immonde
Répugnant(e), d’une saleté ou d’une hideur qui soulève le dégoût.
À s'révolter
À se révolter (registre familier).
Un anarchiste du Pays Basque
L’anarchiste catalan Salvador Puig i Antich, militant du MIL (Mouvement Ibérique de Libération) a été exécuté en Espagne le 2 mars 1974. La dernière exécution aura lieu dans ce pays le 27 septembre 1975 et la peine de mort n’y sera abolie que le 29 décembre 1978.
De l'autr'côté des Pyrénées
De l’autre côté des Pyrénées (registre familier) : en Espagne.
Au mois d'mars
Au mois de mars (registre familier).
Impunément
Sans être puni, sans encourir de punition, de châtiment.
Y'en a cent
Il y en a cent (registre familier).
À tous les coins d'rue
À tous les coins de rue (registre familier) : partout.
Flics
Policiers (registre argotique).
Fignolèrent leur besogne
Exécutèrent leur travail avec un soin minutieux (registre familier).
Des matraqueurs assermentés
Les policiers parisiens, chargés par le préfet de police de Paris, Maurice Papon, de réprimer sévèrement – avec l’accord du ministre de l’Intérieur, Roger Frey, et du président de la République, Charles de Gaulle – les participants à la manifestation, du 8 février 1962, interdite, organisée par le PCF (Parti Communiste Français) et d’autres organisations de gauche.
Se souvenir de Charonne
Le 8 février 1962, 9 militants de la CGT (Confédération Générale du travail) et du PCF (Parti Communiste Français) trouvent la mort à la station de métro Charonne à Paris (75), à l’issue d’une manifestation interdite protestant contre l’OAS (Organisation Armée Secrète) et la guerre d’Algérie.
Faux-culs
Hypocrites (registre populaire).
Tocards
Personnes incapables, sans valeur (registre argotique).
Y'a qu'le
Il n’y a que le (registre familier).
L'a pas tell'ment
Elle n’a pas tellement (registre familier).
Depuis des éternités
Depuis très longtemps.
Sarcastique
Moqueur(se) et méchant(e).
Caustique
Qui désorganise, brûle les tissus animaux et végétaux (« soude caustique »).
Qui attaque, blesse par la moquerie et la satire (sens figuré).