Renaud : « Pierrot le fou » et « Pierrot la tendresse »

La Nouvelle République du Centre-Ouest

Le 23 octobre 1978

Renaud : c’est pas la Régie Nationale. C’est pas une « bagnole » de sport ; encore moins une « tire » de grand prix. Non : c’est une « occase » trouvée chez un casseur…

Renaud, il ne fait pas les 24 Heures du Mans, ni le circuit de Francorchamp… Mais dans ses deux heures de chant, il nous fait parcourir un drôle de circuit, en quatrième vitesse, dans son « XIVe » à Paris par Montrouge et la Porte-d’Orléans, par les rues, les trottoirs et les caniveaux, avec les bistrots pour stands de ravitaillement et les postes de police comme salles de repos… Ses commissaires de course, c’est les commissaires « flics » et il y a toujours des juges à l’arrivée, sur la ligne, au bout du trajet dans la compétition de la vie…

Renaud, c’est pas un sportif de haut luxe et des grandes pistes. C’est un « mec » de bas quartier et des petites impasses. Ses concurrents, c’est les « loubards », les « zonards », les déshérités, les jeunots, les « paumés », les « gonzesses », les héros « tocards » des faits divers…

Né Français « sous le triste signe de l’Hexagone », il y a 26 ans, gentil lycéen jusqu’à ses 16 printemps, il aurait voulu être comédien. Il fut dépaveur, barman. plongeur, serveur, vendeur, chômeur et chanteur des rues… Il y a dix ans qu’il chante, trois ans qu’on le connaît un peu (grâce à son deuxième 33 tours « Laisse béton ! ») et six mois que « ça marche à fond la caisse ! » télé, tournées, galas ; « Le rêve ! ».

Son style, comme il dit, c’est du « country-folks urbain et du rock musette », avec ses paroles toutes simples (pas simplistes) et sa musique populaire. Si son humour est féroce et ses jeux de mots « vachards », sa tendresse est immense !… Renaud où est-il ton « Pierrot », ton fils, ton frère, ton copain…  imaginaire. Tu les trouveras, Renaud ! Tu le mérites. Et si, parfois tu choques… peut-être que tu nous racontes des bobards. Tu l’avoues toi-même, Renaud, « oui, mon pote, je mens ».

Ça ne fait rien Renaud, on est bien avec toi. On était bien ensemble, mardi soir au Palais des Sports de Joué-lès-Tours. Alors, tant pis pour les tarés, les flicards, les « charognards » les « fachos », les gauchos, les droitiers, les centraux, les arrivistes et les c… « Laisse béton » Renaud !… mais nous, on te laissera pas tomber !

C.F.

   

Source : La Nouvelle République du Centre-Ouest