Renaud & Thierry Séchan : Frères ennemis !

Ici Paris

N° 3475, 8 au 14 février 2012

Trahi par son aîné, rendu furieux par ses déclarations négatives, le chanteur règle enfin ses comptes…

L’amoureux de Paname s’est réfugié au pays du mistral, non pour se rapprocher de son ancienne boisson favorite, mais pour soigner ses blessures à l’âme. Dans sa maison de L’Isle-sur-La-Sorgue, le chanteur se repose. Il s’est mis à l’eau et a le visage plus serein. Vu de l’extérieur, il semble en forme, mais son intérieur est un peu dévasté. Le divorce n’explique pas tout. Ses relations avec Romane sont « exceptionnellement bonnes »,dit-il. S’il a rechuté un instant dans l’alcool, c’est parce la vie lui pique trop souvent les yeux : « J’ai ce mal-être depuis très longtemps, bien avant Romane. J’ai du mal avec la vie. »

« Il faudrait que je sois débarrassé des soucis que me cause mon frère »

Il y a une logique à cala : pour écrire des chansons révoltées, il faut l’être aussi. « Un poète, c’est quelqu’un qui a mal aux autres » disait Jacques Brel, et Renaud est un poète. Des blousons noirs aux trottoirs de Dublin, du béton des HLM en passant par les ghettos de Soweto, il a, pendant trente ans, fait taire son mal-vivre en parcourant celui des autres et en le dénonçant. Quand il a arrêté sa course et ses combats, il a semblé définitivement se noyer. Aujourd’hui, il affirme cherche la paix.

Une personne l’empêche pourtant de la trouver : son frère Thierry Séchan. Depuis quelques mois, ce dernier fait battage médiatique autour de son frangin en multipliant commentaires et déclarations. La dernière en date est cette préface à une biographie sur Renaud dans laquelle il décrit, de façon assez sordide, comment l’auteur-compositeur s’est enfoncé dans l’alcool et dans le désespoir et comment il espère qu’il s’en sortira. Certains ont qualifié ce texte de « poignant », mais cela ressemble plus à un travail visant à mettre en valeur son auteur et à donner une autorité à un ouvrage qui n’apporte rien de nouveau. « Il faudrait que je sois débarrassé des soucis que me cause mon frère, et qu’il arrête de se répandre dans les médias », a confié le chanteur à Christelle Crosnier. L’artiste a pris la mouche quand son aîné s’est attaqué publiquement à Romane, lançant sur le plateau de Paris C fou : « Romane ? C’est pas que je ne l’aime pas trop, c’est que je ne l’aime pas, que ma mère la hait, que tout le monde la déteste dans la famille. Romane, elle peut… non, je ne dirais pas crever mais… On s’en fout quoi ! »

« S’attaquer à Romane, c’est faire du mal à Malone »

Incroyables propos quand on sait que Thierry n’a pas vu son frère depuis cinq ans, et Romane depuis sept ans ! « S’attaquer à Romane, c’est faire du mal à Malone », s’est emporté Renaud, avant de régler ses comptes. Sans le chanteur, Thierry Séchan n’aurait sans doute pas eu de vie publique. Depuis toujours, cet homme un peu journaliste, un peu écrivain, vit à l’ombre de son illustre cadet. Renaud déchiffre d’ailleurs son attitude comme de l’amertume : « Il pensait être l’artiste de la famille. Malheureusement, en dépit de ses brillantes études, la vie en a décidé autrement. Je pense que cela a dû être difficile pour lui… Du coup, il a fait un transfert, d’abord en s’habillant comme moi, foulard rouge et blouson de cuir, puis en écrivant sur moi et en se prenant pour une vedette. Passer à la télévision est devenu son objectif… Ma mère a halluciné d’entendre qu’elle déteste Romane alors que c’est l’inverse ! Il doit être bien malheureux pour salir notre histoire… » Invité uniquement pour parler de son frère et jamais de lui, on a vu Thierry sur le plateau de Paris C fou racontant un peu sa vie (en évoquant la beauté de sa compagne Barbara) sans que cela n’intéresse les présentateurs, puis tenter de tirer la couverture à lui en disant de Renaud :

« Je lui ai tout appris. Pas tout, mais je lui ai appris beaucoup de choses… » Se mettre ainsi en avant et se vanter d’un fait sans conséquence est surtout l’aveu d’un malaise. En commentant les déboires de son frère, Thierry Séchan a cueilli quelques lauriers mais a perdu quelque chose de plus précieux… Même si l’interprète de Laisse béton lui pardonne un jour, il restera toujours une trace de cette trahison. L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. •

JEAN MARC

  

Source : Ici Paris