Renaud : Une angoissante disparition

France Dimanche

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Publié le 18 juillet 2008

Ce 2 juillet 2008 restera à jamais marqué dans les esprits par la libération d’Ingrid Betancourt ! Ils sont tous là ! Tous, sauf celui qu’on aurait pensé voir en priorité : Renaud !

Ce soir-là, il est très exactement 21 h 16 lorsque toutes les chaînes de radio et de télévision nationales interrompent brusquement leurs programmes pour annoncer la grande nouvelle, ce miracle auquel on n’osait plus croire…

Et ce n’est pas un rêve, l’Élysée d’ailleurs le confirme : après 2321 jours de captivité aux mains des Farc, l’otage franco-colombienne est libre ! Sur le parvis de l’Hôtel de ville, où figure encore son portrait, des Parisiens se rassemblent pour partager leur joie et leur émotion. Dès le lendemain matin, la jeune femme fait la une des éditions spéciales de tous les journaux, pendant que des millions de Français laissent éclater leur bonheur. Comme le résume la journaliste Florence Aubenas, ex-otage en Irak : « c’est Noël en juillet. »

Chacun veut témoigner, les personnalités, les anonymes, les membres de son comité de soutien. D’ailleurs, de retour en France deux jours plus tard, Ingrid est accueillie au palais de l’Élysée par Nicolas Sarkozy et son épouse, mais aussi par de très nombreuses célébrités telles que Liane Foly, Hélène Ségara, les humoristes Chevallier et Laspalès, Jean-Pierre Elkabbach, Raphaël Mezrahi, Jacques Séguéla, Marcel Amont, Claude Sarraute, Robert Hossein, Emmanuel Chain, Cristiana Réali… Tous là, sauf Renaud !

Depuis plus de quinze jours maintenant que la jeune femme a été libérée, il ne s’est pas manifesté. Pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, il organisait des concerts de soutien, faisait imprimer des tee-shirts de mobilisation et écrivait même pour Ingrid, une magnifique chanson intitulée Dans la jungle : « Nous t’attendons Ingrid / Et nous pensons à toi / Et nous ne serons libres / Que lorsque tu le seras. »

À ce sujet, Renaud avait confié dans les colonnes du quotidien Le Parisien : « Je veux que ce soit un phare qui éclaire la nuit de l’indifférence et du silence dans lequel croupissent tous les otages. » Touchée, Astrid, la sœur d’Ingrid, avait alors déclaré : « Renaud a su mettre des mots sur la souffrance de notre famille. »

Impliqué

Il faut dire que bouleversé par le courage et la ténacité de Mélanie, fille de l’ex-otage dont il précisait d’ailleurs qu’elle lui rappelait sa fille Lolita, Renaud avait pris ce combat à bras-le-corps, mettant sa notoriété retrouvée au service de cette lutte acharnée pour la liberté.

« Elle est ma sœur de souffrance. C’est une femme magnifique ! avait-il déclaré au Parisien. Elle se bat avec les mots et non avec les armes. Son combat est celui de la liberté …»

Plus encore, le 23 février 2006, l’interprète de Mistral gagnant s’était entouré de nombreux artistes dont Carla Bruni, Vincent Delerm et Hugues Aufray pour un concert de soutien à Rouen, car « c’est la ville de Jeanne d’Arc et Ingrid, c’est un peu notre Jeanne d’Arc !»

Fort heureusement, Ingrid Betancourt n’a pas connu une fin aussi tragique. Elle est revenue de l’enfer de la jungle plus vivante que jamais. Le seul problème, c’est qu’entre-temps Renaud, lui, a bel et bien disparu…

Une étrange disparition qui soulève les plus vives interrogations. Pourquoi cette absence ? ce silence ? Certes, depuis quelque temps, Renaud est parti s’installer à Londres avec femme et enfant. Mais il aurait pu venir à Paris ! On ne peut pas croire à son indifférence face à un tel événement.

Alors oui, pourquoi ? Parce que des problèmes le retiennent en Angleterre ? Ou parce qu’il est trop réservé pour se montrer maintenant en public ? Trop pudique pour se retrouver face à Ingrid, qui risquerait de fondre en larmes dans ses bras après tout ce que Renaud a fait pour elle ?

Laura Valmont

  

Source : France Dimanche