« Souviens toi d’aimer » : le beau cadeau de Renaud à son ami Dave

Le Journal du Centre

Chanson

Publié le 23/09/2019 à 08h00

Dave et Renaud. « Renaud a été séduit par l’amour que je donne à mon métier et au public ». Photo : DR

Sans renier Vanina ou Du côté de chez Swann, Dave s’immisce dans un chemin plus personnel, voire risqué, avec son nouvel album, Souviens-toi d’aimer. C’est Renaud qui est à l’origine de ce beau projet. Dave confie « avoir le trac pour la première fois de ma vie ».

Souviens-toi d’aimer est une forme de mise à nu. Pourquoi ce choix ?

C’est un album très intime, un album de chansons françaises. Avec des textes de qualité. les auteurs m’ont pondu des chansons tellement fortes que j’ai presque peur de ne pas être à la hauteur. C’est tellement plus facile de chanter Laura mon cœur est malade ou Est-ce par hasard. Je travaille comme un fou tous les jours afin de préparer au mieux ma prochaine date, Bobino le 18 novembre. Je compte faire quelque chose de très différent. Moi qui n’aie jamais le trac, je pense que je vais l’avoir…

La première surprise de l’album, c’est son producteur, un certain Renaud. Vue de l’extérieur, on n’aurait jamais cru possible un tel duo entre l’anar et l’icône d’une certaine variété française. 

Je suis d’accord, j’ai été le premier surpris lorsqu’il m’a proposé cet album. Tout est parti lorsqu’il m’a vu sur scène. Renaud m’a vu sans préjugés, juste quelqu’un qui bosse et qui aime partager son amour de la chanson. je n’oublierai jamais les choses gentilles qu’il m’a dites en venant dans ma loge. Depuis ce jour, nos rapports ont changé.

C’est en écoutant la maquette de La fille aux deux papas que le projet a vu le jour. 

Renaud a été intéressé par ce sujet sociétal. Son enthousiasme a été le même en lisant d’autres textes et il a dit : « Je produis ».

« Je n’ai pas souffert de ne pas avoir eu d’enfant »

Cette fameuse Fille aux deux papas, titre phare et premier single de l’album, parle de l’homoparentalité. Vous-même, qui n’avez jamais caché être gay, ne regrettez-vous pas de ne pas avoir eu d’enfant ? 

Ma génération n’y a jamais pensé. Quand on se découvrait gay, à la fin des années 60, on savait obligatoirement que l’on n’allait pas être parents. La question ne se posait pas. Cette chanson a vu le jour car le journaliste Marc-Olivier Fogiel, qui est un de mes proches, a demandé au compositeur Patrick Loiseau, mon compagnon, de lui faire une chanson sur la fille qu’il a eue avec son mari. Je suis moi-même le parrain de sa fille. Les mots de la chanson sont d’une grande justesse, ils touchent les gens. Je n’ai pas d’enfant mais j’avoue que j’ai toujours reçu beaucoup d’affection avec les chiens qui ont partagé ma vie. Ils vous donnent beaucoup d’affection. Et c’est réciproque, comme avec une personne.

La chanson La nostalgie sera toujours ce qu’elle est, est-elle une façon de dire : « C’était mieux avant » ?

Je regrette l’époque où je n’avais pas de problème d’arthrose et autres bobos de « vieillards ». Quand on est plus âgé, on a besoin de plus de temps pour récupérer. Quand je reviens dans le village où j’ai vécu mon enfance, j’ai un peu le cafard car mes parents ne sont plus là. Quand on arrive à 75 ans, c’est rassurant de regarder derrière. Mais je reste un homme de projets, plutôt stoïcien. je ne vis pas dans le passé mais je le regarde avec tendresse.

« Quand on arrive à 75 ans, c’est rassurant de regarder derrière. Mais je reste un homme de projets ». Photo DR

Une chanson très personnelle signée Renaud

Couci-couça est signée Renaud. Comment-elle née ?

J’ai été ému quand il m’a offert ces paroles qui sont tellement personnelles puisqu’il explique en partie les raisons de son mal de vivre, ses drames d’enfance. Quand il écrit : « la mélancolie vient de s‘installer comme une pierre tombale », c’est très lourd. C’est étonnant qu’il me trouve digne de chanter ces paroles.

Avez-vous envisagé un duo avec Renaud ? 

Il a dit à un journaliste: « Dave a une jolie voix, moi, j’ai une voix pourrie ». Il a ajouté que j’avais la chance d’avoir un grand parolier. Je suis heureux pour lui. 

Vous n’avez pas abandonné VaninaDansez maintenant et les autres succès ?

Bien sûr, on ne renie pas ses enfants. Je chante toujours avec un immense plaisir toutes ces chansons.

Avez-vous beaucoup aimé ?

Je n’ai pas fini, c’est la quintessence de ma vie. Le plus grand mystère de ma vie, c’est d’aimer la même personne depuis 46 ans. C’est la même chose avec le public. 

Souviens-toi d’aimer. Prix : 14,99 €. 

En concert à Bobino, à Paris (14 rue de la Gaité, Paris 14e), le lundi 18 novembre à 20h30.

Olivier Bohin

olivier.bohin@centrefrance.com

  

Source : Le Journal du Centre