
Le 2 juillet, de grands noms français de la musique sont réunis au Théâtre Jean-Vilar pour un concert de solidarité. Les fonds serviront aussi à financer la venue d’un jeune chanteur palestinien.
Le 26 juin 2026 à 15h49

Cet événement a également pour but de financer la venue en France de Mahmoud Mabrouk, un jeune chanteur palestinien aujourd’hui bloqué dans son pays.
Sur scène, du rock, de la chanson, du rap mais aussi des poèmes et un seul en scène… De Cali à Médine en passant par Renaud et Emily Loizeau : « une programmation hétéroclite », décrit Laure Gasson, directrice du théâtre.
750 personnes attendues
« Toutes les personnes touchées par ce qu’il se passe ont eu envie de donner un coup de main. Renaud a dit oui tout de suite », explique Cécile Hercule, elle aussi chanteuse et à l’origine du projet. « J’aidais des familles à Gaza, avec des cagnottes ou en envoyant directement de l’aide humanitaire, poursuit-elle. Je m’inquiétais du silence des artistes, ça m’affectait beaucoup ».
Aux côtés des artistes français qui prendront le micro pour interpréter quelques titres, Bashar Murad un chanteur cisjordanien, qui vit « entre Paris et Jérusalem Est et qui raconte la vie dans les territoires occupés » se réjouit Cécile Hercule.
Pour la soirée à venir du 2 juillet, près de 750 personnes sont attendues, le théâtre ayant adapté sa capacité d’accueil en prévision d’une affluence plus forte que pour un spectacle de la programmation annuelle. Les organisateurs espèrent lever près de 15 000 euros pour financer la venue de Mahmoud Mabrouk, un chanteur palestinien de 28 ans.
Contre la suspension du programme qui leur permet de venir en France
« Quoi qu’il arrive, on a besoin de fonds. Il manque toujours des sous pour intégrer ces artistes, pour renouveler les visas talents, payer leurs frais du quotidien » souligne Cécile Hercule. Avec ce concert, elle voit « autant le côté artistique que le côté humain, d’avoir le droit de partir ».
Une partie des recettes sera également reversée à Maan for Gaza Artists, « une initiative qui a déjà permis à plus de 150 personnes de Gaza de trouver refuge en France », expliquent les organisateurs.
L’une des revendications de la soirée porte également sur la suspension des Palestiniens, depuis janvier dernier, du programme PAUSE. Ce programme sélectionne des scientifiques et des artistes dans les zones de guerre et finance à hauteur de 60 % leur venue en France. « On a appris la mise en place de ce stand-by. Les lauréats ne peuvent plus venir depuis six mois. On veut alerter sur cette situation incompréhensible », précise Laure Gasson.
« Nous saluons ce type d’engagement d’artistes français. Quelques-uns se sont bougés depuis le début de la guerre, mais pas énormément. Ce type de concert est donc une bonne surprise, notamment avec la présence d’un artiste gazaoui, estime François Rippe, vice-président de France Palestine Solidarité. Mais cet événement est d’autant plus important en ce moment, avec une trentaine de Palestiniens bloqués avec cette suspension de PAUSE ».
De gros moyens « aux frais de la mairie »
François Rippe rappelle que certaines villes franciliennes comme Gennevilliers, Nanterre et Vitry « encouragent la culture palestinienne au nom de l’échange ».
« Aux archives municipales, les premières traces de soutien à la Palestine datent de 1982 », explique la mairie sur son site Internet. La municipalité a affiché sur la façade de l’hôtel de ville, un calicot rappelant les couleurs noir, blanc vert et rouge du drapeau palestinien. À l’automne, la commune avec d’autres avait été tancée de décrocher sa banderole de soutien.
« Cette soirée a un coût conséquent et nécessite de gros moyens qui reviennent aux frais de la mairie », précise Laure Gasson. Ces deux dernières années, d’autres événements ont été organisés dans la ville, comme les matchs de foot de la Palestine Cup, des expositions et des conférences.