
Renaud symphonique : 50 ans de carrière !

Édouard Tremblay-Grenier, Mara Tremblay et Luc De Larochellière seront du concert hommage à Renaud présenté à la salle Wilfrid-Pelletier.
Mara Tremblay

Mara Tremblay, en marge d’une répétition du spectacle hommage à Renaud
Quelle place Renaud occupe-t-il dans ta vie ?
« J’ai grandi avec Plume et Cassonnade, leur musique faisait partie de ma vie et c’était mes idoles, mais Renaud, c’est vraiment une découverte musicale personnelle. Je l’ai découvert vers 1981 ou 1982, j’avais 12 ans, grâce à mon amie Anne-Marie, qui est allée vivre à Paris et qui m’a apporté beaucoup de la culture de là-bas. On écoutait Renaud ensemble, j’ai découvert sa chanson Manu et toutes ses autres chansons belles, profondes, touchantes, revendicatrices. Je me rends compte aujourd’hui à quel point son style musical est collé au mien : je l’écoute et je trouve que ce qu’il fait est franchement country, je ne me rendais pas compte de ça avant. »
Quelle est ta chanson préférée de Renaud ?
« Manu, sincèrement. J’ai su assez tôt que j’étais différente, que je vivais des tourments plus importants que les autres enfants de mon âge, que je n’avais pas la même légèreté. Cette chanson-là, câline qu’elle venait me chercher ! J’ai appris récemment dans un documentaire que cette chanson-là, il l’avait écrite pour lui-même. Lui aussi a de grosses dépressions, de grosses vagues. Avec cette chanson-là, c’est comme s’il se tendait la main à lui-même. »
Que vas-tu chanter ?
« Manu ! Elle ne faisait pas partie du programme au début. Yann [Perreau, metteur en scène du spectacle] voulait me faire chanter autre chose, mais je ne le sentais pas tant que ça. J’ai dit à Yann que j’aimerais vraiment faire Manu. Il a dit non… Finalement, il m’est revenu et m’a dit : « Vas-y, fais Manu, tout le monde va capoter. » » Elle fait aussi Manhattan-Kaboul avec son fils. « Quand est-ce qu’on voit une mère chanter avec son fils sur scène ? Pour nous, c’est un beau cadeau. »
Extrait de Manu
Luc De Larochellière

Luc De Larochellière en marge d’une répétition du spectacle hommage à Renaud
Quelle place Renaud occupe-t-il dans ta vie ?
« Les chansons de Renaud sont arrivées au bon moment dans ma vie. J’avais déjà commencé à écrire des chansons et il m’a fait découvrir un autre ton, une autre manière. J’apprenais à écrire en écoutant les autres, comme Michel Rivard ou Richard Séguin à l’époque. Avec Renaud m’est arrivée une espèce de fraîcheur à cause de son ton baveux et drôle, mais jamais vide. Il était ce qu’on peut appeler un chanteur engagé et il faisait des chansons à sujets avec ce ton particulier qui faisait qu’on ne s’ennuyait pas. […] Il y avait aussi ce langage, très franchouillard, mais on s’y reconnaissait quand même. »
Quelle est ta chanson préférée de Renaud ?
« Il y en a plusieurs, comme les chansons plus drôles comme Dans mon HLM ou Le retour de Gérard Lambert. […] J’ai connu Renaud dans sa période plus drôle, plus baveuse, plus irrévérencieuse. Le côté tendre est venu un peu après, comme Mistral gagnant ou Morgane de toi. J’aimais aussi quand il allait dans quelque chose de complètement dramatique et qu’il assumait. Comme dans Morts les enfants [chanson qui évoque les enfants de la rue, les victimes d’un accident chimique en Inde et l’indifférence destructrice des élites]. »
Que vas-tu chanter ?
« Quand j’ai décidé d’embarquer là-dedans, je voulais vraiment faire Morts les enfants, et j’ai reçu un courriel où on me demandait de chanter cette chanson-là. C’est une chanson qui parle beaucoup, à notre époque. On vient de vivre le génocide de Gaza, il y a toutes ces tueries dans les écoles aux États-Unis. Et je trouve que le refrain [Bal à l’ambassade/Quelques vieux malades/Imbéciles et grabataires/Se partagent l’univers], c’est tellement ça qui se passe en ce moment avec le gros bonhomme orange qui se fait construire une salle de bal [à la Maison-Blanche]. Cette chanson, je l’ai toujours trouvée puissante et là, c’est comme si l’actualité l’avait rejointe. »
Extrait de Morts les enfants
Édouard Tremblay-Grenier

Édouard Tremblay-Grenier en marge d’une répétition du spectacle hommage à Renaud
Quelle place Renaud occupe-t-il dans ta vie ?
« Je ne le connaissais pas vraiment, seulement de nom, avant de recevoir la demande du spectacle. Je savais que c’était quand même un monument en France, puis tout, ce n’était pas dans ma vie. J’en ai parlé avec ma mère, je savais qu’elle l’avait écouté dans sa jeunesse et elle m’a dit quoi écouter. Elle savait ce qui allait m’intéresser. J’ai découvert de bonnes chansons, avec de bons textes. »
Quelle est ta chanson préférée de Renaud ?
« J’aime le côté baveux de Renaud et son côté tendre. Les deux côtés de la médaille. Morgane de toi, pour moi, c’est un chef-d’œuvre : les paroles, les tournures de phrases, c’est tellement une belle chanson d’amour… pour sa fille. J’ai les larmes aux yeux quand je l’écoute. »
Que vas-tu chanter ?
« Je vais chanter Manhattan-Kaboul avec ma mère et Dans mon HLM. Je trouve qu’elle a du torque, cette chanson-là. Il y a tellement d’images fortes, c’est tellement proche de la réalité et on peut se l’imaginer facilement avec le texte. Ça sonne vrai et c’est une de ses forces qui m’inspirent comme auteur. C’est rare de trouver des gens qui parlent aussi vrai que ça. Ça me rentre dedans. »
Extrait de Dans mon HLM
Consultez la page du spectacle
Source : La Presse
