Publié le 09 avril 2016 à 02h04 | Mis à jour le 09 avril 2016 à 02h04

(Photothèque Le Soleil)
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Nicolas Houle Le Soleil |
(Québec) Chez Renaud, les hauts ont souvent été ponctués de bas. Or à chaque fois où l’on a cru que le chanteur énervant avait dit son dernier mot, il s’est relevé et a repris le micro. À l’heure où ses fans célèbrent sa nouvelle vie, avec son 16e album, éponyme, pourquoi ne pas rappeler sa renaissance précédente, qu’on avait pu apprécier de près le 5 juillet 2007, sur les plaines d’Abraham.
Ceux qui connaissent bien Renaud Séchan savent qu’au fur et à mesure que le temps a passé, une nostalgie grandissante envers le passé et la perte de l’enfance est venue miner son moral. Le réconfort de ces années dépressives a malheureusement pris la forme de l’alcool, avec tout ce que cela peut comporter d’incidences physiques et d’impact sur les performances. En 2001, Renaud s’était arrêté à Québec en trio pour un concert qui, de son propre aveu, «ne s’était pas bien passé», sa voix étant éteinte. C’est pourquoi, lorsqu’il est revenu en ville, en 2007, fort de ses récents Boucan d’enfer (2002) et Rouge Sang (2006), il souhaitait prendre sa revanche sur cette performance.
Y est-il parvenu? Nul doute que ces retrouvailles au Festival d’été étaient émotives. La foule, évaluée à 60 000 personnes par la sécurité, lui avait réservé un accueil très chaleureux. Renaud avait récompensé ses fans en jouant ses pièces récentes, notamment Manhattan-Kaboul entonnée avec sa conjointe d’alors, Romane Serda, mais également en faisant la part belle à ses classiques, dont Miss Maggie, Chanson pour Pierrot, Morgane de toi ou, encore, Mistral gagnant.
Si le public était heureux de renouer avec l’artiste, qui avait troqué sa veste de jeans pour un veston et son foulard rouge pour une cravate, on ne pouvait ignorer que les années Renard, selon le propre terme de Renaud – en référence à Gainsbourg qui devenait Gainsbarre sous l’empire de l’alcool – avaient eu impact. Le chant de Renaud était laborieux au point où, parfois, on mettait un certain temps à identifier la pièce qui était servie, comme Hexagone, par exemple. Certes, Renaud n’a jamais été un chanteur à voix, or son chant n’était assurément plus celui des beaux jours. N’empêche, son groupe affichait la grande forme, lui le sourire. Et puis il faisait bon d’entendre ses textes, toujours bien tournés, qu’ils soient engagés ou personnels. Comme s’il savait déjà qu’il ne serait pas présent l’année suivante, il avait pris soin de souhaiter un bon 400e à l’avance à ses amis québécois.
Y étiez-vous?
Source : Le Soleil