Comme les fans de Renaud le savent, sa chanson Jonathan était dédiée au chanteur sud-africain Johnny Clegg :
Dans le cadre de l’émission Les Enfants du rock, Renaud s’est rendu en Afrique du Sud pour interviewer Johnny Clegg pour qui il avait eu un coup de cœur. Ému par son combat contre l’Apartheid, Renaud lui a dédié la chanson Jonathan :
Johnny Clegg semblait très ému par cet hommage de Renaud lors d’une interview avec Dominique Warluzel (sur RTS) le 27 avril 1988 :
Dans sa chanson Jonathan, Renaud mentionne quelques discussions avec Johnny Clegg à propos de plusieurs personnalités politiques, décrites plus en détails ci-bas :
Entre les loups, les agneaux,
Jonathan, je t’ai choisi.
Tu m’as raconté Neil Aggett
Et Steve Biko.
Assassinés par les fachos.
Moi, je t’ai parlé d’Éloi Machoro
Des enfoirés qu’ont eu sa peau
Et puis Loïc, et puis nos flics
Jonathan, prête-moi ta guitare que j’t’explique
Jonathan Clegg, dit Johnny Clegg, alias le « zoulou blanc » est né le à Bacup aux environs de Rochdale (près de Manchester) au Royaume-Uni. Il est mort le à Johannesbourg en Afrique du Sud des suites d’un cancer. Il était est un auteur-compositeur-interprète sud-africain et un danseur de danses zouloues.
Leader successif des groupes Juluka et Savuka, les thèmes de ses chansons sont principalement axés sur la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Il fut l’inlassable défenseur de la culture africaine, notamment avec sa chanson la plus célèbre, Asimbonanga, qui rend hommage à Nelson Mandela, alors incarcéré depuis plus de vingt ans, et Scatterlings of Africa, reprise pour la bande originale du film Rain Man (1988).
Johnny Clegg a eu le privilège de pouvoir interpréter sa chanson la plus célèbre, Asimbonanga, devant Nelson Mandela lui-même en 1999 :
Neil Aggett est né le 6 octobre 1953 à Nanyuki, au Kenya. Il est mort le 5 février 1982. Il était médecin et syndicaliste sud-africain blanc.
La famille de Neil déménage en Afrique du Sud en 1964. Il y fréquente le Kingswood College de Grahamstown de 1964 à 1970, puis il entre à l’Université du Cap, où il complète ses études de médecine en 1976. Neil travaille alors comme médecin dans des hôpitaux pour noirs à Umtata, Tembisa et, plus tard, à Baragwanath (Soweto). À cette époque, il apprend à parler un zoulou de base.
Neil est détenu, avec sa collègue Elizabeth Floyd, par les forces policières à partir du 27 novembre 1981. Il meurt le 5 février 1982 après 70 jours de détention sans procès. Il devient ainsi le premier blanc à mourir en détention depuis 1963. D’après les forces de l’ordre, Neil s’est suicidé par pendaison. Cette version est remise en doute. Cinq ans plus tard, le codétenu Frank Chikane témoigne qu’il a vu Neil revenir à sa cellule avec plusieurs blessures, laissant croire qu’il avait été torturé. Elizabeth Floyd, son ancienne collègue, ne croit toujours pas que Neil se soit suicidé (si vous comprenez l’anglais) :
Johnny Clegg a rendu hommage à Neil Aggett dans l’une de ses chansons, Asimbonanga (voir ci-haut), tirée de son album Third World Child (1987).
Stephen Bantu Biko, dit Steve Biko, est né le et set mort le un militant noir d’Afrique du Sud et une des figures de la lutte anti-apartheid.
En 1973, il est détenu sous l’accusation de terrorisme avec d’autres membres de la Conscience noire, alors que les écoles sont progressivement politisées par les membres de son organisation et que se développent les tentatives de boycotts et de fermetures d’écoles. Biko est alors banni et assigné à résidence dans sa région du Cap-Oriental, empêché de tenir des discours en public et de parler à plus d’une personne à la fois. Dans le même temps, les désirs d’émancipation des jeunes noirs lui apportent de plus en plus de militants qui rejettent les principes de modération et d’intégration de leurs parents.
En juin 1976, cette évolution débouche sur des soulèvements populaires dans tous les townships du pays, à mesure que se durcit la répression des forces de sécurité et notamment la révolte des écoliers contre l’imposition de l’éducation en afrikaans qui deviendra le massacre de Soweto. Biko est d’abord mis au secret pendant 101 jours puis, bravant les interdictions de séjour, il sillonne le Cap-Oriental. C’est à cette époque qu’il se lie d’amitié avec le journaliste progressiste Donald Woods qui écrira sa biographie.
Steve Biko est arrêté par la police le . Emmené à Port Elizabeth où il est torturé, Biko est ensuite transféré à Pretoria, Transvaal, le . Le , il meurt en détention, officiellement des suites d’une grève de la faim. Les conditions de la détention ainsi que le décès brutal de Biko font l’objet d’une polémique internationale qui débouche sur la condamnation du régime sud-africain.
Johnny Clegg a rendu hommage à Steve Biko dans l’une de ses chansons, Asimbonanga (voir ci-haut), tirée de son album Third World Child (1987). En 1980, le célèbre chanteur Peter Gabriel avait également rendu hommage à Steve Biko avec sa chanson simplement intitulée « Biko » :
Éloi Machoro est né dans la tribu de Nakéty située entre les villages de Canala et Thio (Nouvelle-Calédonie) en 1945. Il est mort le 12 janvier 1985 près de La Foa . Il était un homme politique français, indépendantiste kanak de l’Union calédonienne (UC) un des partis politiques composants le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en Nouvelle-Calédonie.
Le 18 novembre 1984, à la suite de la formation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en remplacement du Front indépendantiste et à l’appel au boycott des institutions et des élections par Jean-Marie Tjibaou, il fracasse une urne d’un coup de hache dans la mairie de Canala et dénonce ainsi le système électoral qui selon lui avantagerait les anti-indépendantistes. Le 1er décembre 1984, Jean-Marie Tjibaou forme un gouvernement provisoire de la République socialiste de Kanaky, et Éloi Machoro en devient le ministre de la Sécurité.
Le 11 janvier 1985, Yves Tual, fils d’un éleveur européen, est tué et des Mélanésiens sont accusés. Cet événement déclenche à Nouméa une émeute nocturne. Le lendemain, le 12 janvier, la gendarmerie déclenche une opération pour libérer la maison d’un Européen occupé par des militants indépendantistes emmenés par Éloi Machoro près de La Foa. La gendarmerie finira par donner l’assaut après plusieurs sommations. Éloi Machoro et un autre Kanak, Marcel Nonnaro, sont tués en dehors de la maison par deux tireurs du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), notamment par un tir de précision au fusil FR-F1 du capitaine Jean-Pierre Picon, venus de France pour cela et immédiatement exfiltrés.
Voici des images diffusées sur La Première à propos des événements en Nouvelle-Calédonie en 1984, incluant un extrait d’interview avec Éloi Machoro :
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Loïc
Selon le HLM des fans de Renaud, il s’agirait de Loïc Lefebvre, assassiné dans la nuit du 4 au 5 juillet 1986 sur la rue Magodor à Paris :
Le policier CRS Burgos abat dans le dos Loïc Lefevre, automobiliste roulant à contre sens. De nombreux témoins affirment que le CRS n’a pas tiré en état de légitime défense. Le rapport d’expertise est formel : Loïc Lefevre est mort de deux balles tirées dans le dos. Plus tard, le policier avoue avoir tiré dans le dos de Loïc Lefèvre. Il avait menti sur conseil de ses collègues. Mais que sont devenus les autres témoins à charge ? (Pressions faites sur les prostituées du quartier, témoins emmenés de force dans un car…).
À l’époque, Pasqua était ministre de l’Intérieur, et a dû subir des attaques sur le thème de l’État policier.
Cet assassinat est corroboré sur le blog « Mémorial en ligne des policiers morts en service, victimes du devoir » :